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MŒURS SECRÈTES DE l'ARÉTIN. 24»
angoisse » du dévergondage où la vie de Venise, les absences fréquentes du père, les dégoûts d'un foyer qui manquait de l'intimité maternelle, avaient jeté surtout Pomponio, le dernier de ses fils. Il jurait de le renier; FArétin se faisait fort de les « rapatrier ». Il ne fallut pas moins de quatorze années pour consommer la rupture *.
A de certains soirs, la porte de FArétin se fermait pour tout le monde, môme pour ses compères.
« MessireJacopo, mon frère, écrivait-il au Sansovino, le respect que j'ai eu, ainsi que je dois, pour vous et pour Titien, doit prendre sur soi, à l'égard de vous deux, la faute que j'ai commise en ne vous ayant point laissé entendre que Virginia était à souper avec moi l'autre soir. Je ne vous en soufflai mot, et me réjouis de ce que ni vous ni le compère n'en saviez rien. Et cette conduite me fut inspirée par l'amour que je porte à l'âge plus respectable que vous avez l'un et l'autre. Pour cette cause, il est bon, prudent et de mon devoir de vous tenir à l'écart des incitations libidineuses. Au cas, aussi bien, où les mouvements vénériens ne vous font plus sentir l'aiguillon des tentations, la beauté de cette personne est telle, qu'elle émeut, au désir d'en jouir, la continence elle-même. Si bien qu'elle se peut comparer à la délicatesse de ces mets qui, non seulement incitent à s'en vouloir délecter les estomacs à jeun, mais encore contraignent à en manger sans