‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 161 sur 227 · LE <K DINER ARETIN · texte numérisé non relu

LE <K DINER ARETIN

broisic et le nectar * ». La présence d'une émule aurait changé celte ambroisie en un détestable vinaigre.

Comme tout le monde n'avait pas une part dans les « kirieleison », il arrivait que Ton vilipendait TArétin. « Hippolyte, mon cher fds — écrivait la victime indignée, à un musicien nommé Tromboncino, — dites à ceux-là qui me blâment, sous le prétexte que je loue certains qui ne méritent point d'être recommandés au monde, qu'en vérité ils ne s'aperçoivent pas comment on ne comprend pas, dans la louange, celui qui est dessiné au vif par Titien dans un admirable dessin, mais que c'est le peintre très célèbre, dont est l'œuvre, que l'on admire?. »

Pour un peu, maître Pietro eût fondé un « dîner arétin ». « Messire Francesco, très docte dans l'idiome latin et dans le grec, disait-il au Coccio, vous vous réjouissez (outre qu'est parvenu au trône pontifical Jules III, Arétin *) qu'il se rencontre, natifs de la môme cité, Leone, habile à sculpter le pape, Giorgio (Vasari) qui peut le peindre, et moi ; je vous rends grâces, pour moi seul et pour eux deux, autant dire pour le compte de tous les trois, d'un seul coup; car ils me tiennent pour un père, et moi je les tiens pour des fils. Pourtant, je ne suis point surpris ni émerveillé que vous trouviez là un grand sujet de

\. Lelt., V, 322-323. — 2. Lctt., V, 327.

3. Ses ancêtres étaient de Monte San Sabino, dans le conilé d'Arezzo. Voir Platina, Vile de' Pontef., p. CC8.

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réconfort ; puisque Arezzo (mère des génies, dit Tite- Live) est votre patrie, comme elle est la nôtre *. » Un pape d'Arezzo, c'était une bonne fortune : aussi, le ton de TArétin, lorsqu'il parlait au doyen des Camériers, se faisait-il on ne peut plus dévot *.

Les débutants recommandés par Yasari étaient accueillis « comme lui-même * ». Le pape avait accepté les médailles doublement arétines de TArétin par Leoni. On ne sait point s'il envoya la sienne en retour. La sainte Catherine de Raphaél était en route, quand le destinataire mourut. Mais TArétin prit soin que Ton fît tenir le tableau à l'héritier Constante d'Adda, avec la sauvegarde du doge Donato. Trouver, dans son hoirie, l'amitiéde l'Arétin, ce n'était pas la moindre charge d'une succession. Pour se faire appeler « patron » par un tel homme, princes ou marquis savaient le prix qu'il fallait mettre *.

Quand un peintre, comme le Bergamasque Francesco Terzi, offrait à l'Arétin un portrait de femme, il recevait en retour une invitation à loger dans la maison de Biri Grande, chez Titien qui avait apprécié la peinture *. Et, pauvre encore, assez obscur, cherchant fortune, il se trouvait, tout d'un coup, nanti d'une protection puissante, acheminé vers la faveur de Charles-Quint, si bien qu'il finissait par séjourner en Allemagne. La franc-maçonnerie d'intérêts orga-

i. Lett., V, 329. — 2. Lelt., V, 332. — 3. Lell., V, 336. — 4. Lett., V, 336-338. — 5. LeU., VI, 4.

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