ALESSANDRO VITTORIA
malavisé croyait blesser l'Arétin dans sa gloire, en rappelant son origine, c'était l'occasion de faire une nouvelle profession de foi : « Ne vous fatiguez point, mon fils affectionné, écrivait-il à Danese, à disputer contre ceux qui croient m enlever ma renommée en affirmant que je suis de race vile. Car, je revendique rhonneur d'être né d'un sang bas, en Arezzo *. Ainsi, nul des miens n'a part à la gloire où me voici ; mais, suivant leur parenté avec moi, ils en retirent une réputation non petite. Il en est ainsi, parce que moi (qui par celte raison que je tiens en ma main tout pays, suis, pour ce qui est de la patrie, citoyen de l'univers), je puis donner la noblesse à autrui, quoique ne l'ayant reçue de personne. Mais ce n'est point merveille si la pédanterie de ceux qui se réputent doctes ne tolère point que je sois (comme je le suis) estimé *. »
Alessandro Vitloria voulait revenir h Venise sans risquer de nouveaux différends avec le Sansovino ; aussi prenait-il soin de se ménager l'appui de l'Arétin et de Titien. « Messire Alexandre, écrivait l'Arétin au sculpteur, qui était encore dans la cité du Palladio, j'ai reçu le panier de poires, et point la lettre. Et Titien, qui vous regarde, ainsi que je fais, comme son fils, a reçu a lettre, et point de panier. Néanmoins, l'homme divin vous rend grAces du don, bien qu'il n'en ait pu profiter, de même que je vous en remercie, moi qui l'ai tout mangé. Quant aux