Loti., V
260 l'itaue du xvv siècle.
deux mt^daillcs où voire burin a représenté mon image, elles m'ont été, en môme temps que la lettre que vous m'écrivîtes à ce sujet, apportées jusque chez moi; et soyez assuré que le revers me plaît, comme dans toute œuvre de vos mains; je ne dis rien de la fonte, car le relief ne s'en pourrait assez louer. Suffit qu'à votre retour ici vous m'en fassiez frapper de pareilles, en cuivre et en argent. Attendu que, de Home et d'ailleurs, on m'en demande avec des instances pressantes, ce dont je me réjouis davantage pour votre gloire que pour la mienne. En effet, ce qui m'est dû en renommée, ma vieillesse le prend et le garde, mais, pour la réputation qui convient à votre génie, votre jeunesse n'est pas encore circonspecte, et ne le sent pas. En venant ici, donc, vous me les ferez frapper, de grâce. J ai eu pour bien agréable que la signora Lucietla ait trouvé belle l'épître que je lui écrivis et mandai. Il m'a été au cœur, également, que le portrait que vous lui fîtes pour me satisfaire, et que vous lui avez donné, l'ait contentée *. » Le Sansovino s'adoucissait assez vite, et Venise se rouvrait aux espérances du Vitloria. Le vieux Sansovino était revenu, sur le tard, aux habitudes de sa jeunesse, aux « disordini » signalés par Vasari. Son Age mûr avait été trop exemplaire : sa vieillesse était scandaleuse. Non seulement , avec Tilien et l'abbé Vassallo, il chantait des « gaudeamus ' » chez l'Arétin , mais il allait jusqu'à
!. Lett., VI, lii. — 2. Lett., VI, 148-1 i9.
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