‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 168 sur 227 · DÉBAUCHES DU SANSOVINO · texte numérisé non relu

DÉBAUCHES DU SANSOVINO

demander aux philtres des Macettes vénitiennes une illusion de jeunesse, il « prenait à mi-nuit des goulées de Jeannes et d'Adriennes ». Il descendait jusqu'à ces amours que T Are tin nommait, le premier sans doute, des « amours ancillaires * ».

De temps à autre, une discussion sur les arts venait mettre les commensaux de TArétin aux prises : « Grande dispute sur cette question, hier au soir pendant le souper, entre trois de vos sculpteurs et peintres, écrivait TArétin au Sansovino, qui, fatigué, n'était pas venu. Les uns voulant que les ébauchoirs eussent le pas sur les pinceaux, les autres, que les pinceaux le prennent sur les ébauchoirs. Dispute engagée plus de fois, non pas seulement qu'il n'y a de marbres au monde, et de couleurs, mais encore qu'il ne se trouve de fantaisies dans la tête des sculpteurs et des peintres. Chercher mon opinion à ce sujet, c'est une folie qui canonise la folie : à peine si je sais combien il faut de syllabes pour organiser un vers; et par ainsi, je ne vaux rien pour trancher une question qui est pendante depuis qu'apparaît le dessin dans les pierres et sur des toiles *. » L'Arétin n'eut guère, hormis le dialogue de Dolce, la manie des tirades sur l'esthétique. Il ne se souciait pas plus de dogmatiser que de « faire moderne la discipline antique ' ». Content d'admirer les ouvrages de l'art; content, surtout, d'en bien et grassement vivre.

Le bruit de la mort de Titien avait couru dans

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