Cf. MunU, t. H, p
si peu lui avaient montré. Dès avant son arrivée à Venise, il avait dans ses papiers la Cortigiana et quelque chose du Marescalco et de la Talania.
« J'ai Tespérance, écrivait-il à Fausto Longiano, en 1537, de vous faire voir aussi mes comédies débarrassées du soin des scènes et de Tennui des interlocuteurs ; il me faut seulement diviser en manière de discours suivis les cinq actes qui les séparent •. » Ce n'est pas un très bon présage pour un écrivain dramatique, lorsqu'il conçoit une pensée aussi saugrenue. Mais on aimait peu le théûtre à Venise, malgré Buzzante, malgré Calmo et Zane. On ne jouait presque point ; c'est le secret de la faiblesse scéniquedcs comédies : un auteur n'avait ni public, pour le redresser constamment, ni théâtre, pour voir agir la réalité de son rêve.
La Cortigiana^ c'est la femme de cour. La pièce est dédiée au cardinal de Trente. Un prologue amène un gentilhomme et un étranger : — L'Étranger : « Qui a fait cette comédie? Est-ce Véronica da Correggio? Est-ce la dame de Pescaire? Ou Luigi Alamanni? Ou l'Arioste? ou le très gracieux Molza? ou Bembo, pères des Muses? Ou le Guidiccione? Ou Riccio * dont on en récita une très belle devant le Pape et l'Em^pereur? Elle est peut-être de Giulio Camillo?Du Tasso?... » — Le Gentilhomme. « Non, non, non, non. Pour vous le dire, c'est une trame de Pierre l'Arétin. » — L'Étr. : « Si je le croyais,