‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 179 sur 227 · Voir chap. i, p · texte numérisé non relu

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3. I, 22. d'est un crayon des M. Jourdain, des Pourceaugnac, etc.

880 l'itaue du xvp siècle.

Lé style esl bigarré de patois et de latin d'Église. Il va jusqu'au burlesque : le Siennois a composé une épigramme à sa propre louange, centon ridicule d'hémistiches virgiliens soudés au hasard, et qui font des coq-à-Fâne, tandis que le pécheur de lamproies, tombé dans un imbroglio, peste contre ses acheteurs, qui se sont moqués de lui.

Le deuxième acte débute par un éloge de la taverne, fait par un ruffian ; on a mangé entre estafiers cinq poissons dérobés au pécheur par un subterfuge. L'éloge est franc, et bien senti.

Sous couleur de faire ressortir la niaiserie du pro* vincial, on lance des brocards à toutes les choses sacrées de Rome, y compris saint Pierre lui-môme. Une scène capitale est le tableau de la cour romaine, et des moyens d'y parvenir : « Nul ne s'y élève, que les ignorants, les plébéiens, les parasites, les ruffians ». Peu à peu, le dialogue, le style môme, bien que môle maintenant d'espagnol, se resserrent, se haussent. On sent le polémiste, et la rancune est éloquente. Il va jusqu'à dauber sur la cuisine des prélats faméliques : « Aussi est-il meilleur, en somme, d'ôtre dans l'enfer, qu'à la cour aujourd'hui ».

Tous les personnages, qui défilent et s'agitent, ne sont point des caractères : ce n'est jamais par le dedans, par les sentiments ou par les vices, ni môme par les actions importantes, qu'ils sont dépeints et animés ; mais on ne voit que leurs mouvements extérieurs, et dans maint endroit on devine, malgré la différence de temps et de mœurs, qu'il y a là des

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plaisanteries toutes faites et un placage de phrases convenues.

L'amour sénile de Parabolano, qui vient se mêler à la trame, n'est pas maintenue son rang d'épisode : il encombre l'intrigue, sans être capable par son intérêt propre de la vraiment accaparer. La pièce ne tourne même pas; elle piétine. Faut-il dire sur quel ton l'Arétin parle de l'amour, et quels arguments, empruntés au répertoire des Macettes, il va proposant, pour convaincre les honnestes dames? Le temps n'est plus des longues attentes, des échelles de soie, des amoureux périls : « Et présentement, les amants ont tant de chance, qu'ils sont testonnés par les maris mêmes. Les guerres, les pestes, les disettes et les temps, qui poussent le monde à se donner plaisir, ont emputanisé imputtanito) l'univers entier, de telle sorte que cou(sins et cousines, parents et parentes, frères et sœurs, se mêlent ensemble sans un regard, sans un remords, sans un scrupule. » C'est la complète décadence de cette société qu'on voyait deviser au milieu des pestes et des disettes, deux siècles auparavant, dans le Décaméron.

« Ainsi, seigneur, conclut Valerio le leno parlant à Parabolano, ne désespérez point de contenter votre désir touchant cette jeune personne; vous pouvez espérer le satisfaire, à meilleur titre que n'espère le fléau des princes en la courtoisie du général de l'empereur en Italie. »

Le mérite de l'Arétin, à mesure que la comédie continue, sinon avance, c'est de railler les « Iris en

Tair », ce goûl précieux, cette fadeur musquée dont r Italie est infectée, et empoisonne ses voisins. Luimôme n*évitait point les défauts,mais il s'en moquait. Sa manière de bafouer était lourde. Elle valait mieux qu'une admiration '.

Quant aux ambitions du Siennois, plus son style est baroque et sa passion risible, et plus il a chance de réussir : « Car, avec les princes, il faut ôtre fou, feindre d'être fou, vivre en fou ». De temps à autre éclatent ces cocasseries que les farces moliéresques recueilleront *. Le peintre Andréa proclame que « depuis qu'il exista des farces, oncques n'en fut une plus belle! » Pourtant ces fantoches ne sont pas gais; il y a bicn,çà et là, dans ces vieillards, quelques esquisses des Gérontcs, ou des Arnolphes, un grain de Scapin dans les valets ou les ruffians (Rosso, Valerio) : mais cela ne va pas loin, et la fantaisie même est absente. Les seuls types un peu étudiés, parce que l'auteur s'y connaît, ce sont les filles de plaisir, en activité de service, comme Livia, ou, comme Alvigia, en retraite. Là, personne n'a surpassé l'auteur des Sonetti; cette Alvigia, vieille courtisane esrénée, est bonne pour remémorer au ruffian Rosso ses états de services et ses anciennes campagnes'. « Enlèvements, mascarades, belles maisons, massacres de taureaux, cavalcades, chèvres aux cornes dorées, perroquets, guenons, chambrières

l.Voir la se. xi du !!• acte.

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