PREMIÈRE AMITIÉ AVEC TITIEN
chemenl parti, de ne pas chercher de retour vers la peinture qui Tavait déçu. Les artistes en surent gré à ce peintre manqué, qui se faisait, pour le profit réciproque, critique de peinture : et comme la seule critique qu'ils admettent est la louange, ils s'arrangèrent pour se ménager le nouveau juge, qui n'était aucunement incorruptible.
En outre, avec le Sansovino, qui était sur le point de faire son deuxième voyage à Venise où le titre de « protomastro » » allait le fixer lui aussi, TArétin fut celui qui révéla les peintres de Florence et de Rome à Tuniverselle, à Tinsatiable curiosité de Titien *. Il avait connu Raphaël chez Agostino Chigi, avant de s'en faire chasser pour vol. H put raconter môme à Titien le rôle, capital selon lui, qu'il prétendait avoir joué dans TafTaire des commandes pour la Farnésinc ' : L'Arétin affirmait que le Sanzio l'avait aimé d'une affection fraternelle; Titien, qui la lui accorda réellement, ne pouvait le contredire. Toujours est-il que Marc-Antoine, que Jean d'Udine, les disciples préférés, à défaut du maître, furent ses amis et restèrent ses tributaires. Et Léon X, comme Clément VII, comme Jules II lui-môme, dit-on, jusqu'au moment où ses colères