Molière l'a prise pour le Mariage forcé
2. Voir, sur cet exemple, qui est espagnol, Mi'inU, t. 111, p. 66, note I.
rilypocrile ne voit plus rien de grand ni de généreux dans cette malheureuse cité.
Trorcio vient demander à THypocrite de faire obtenir le pardon à Zefiro, qui a conclu avec Annetta un mariage clandestin. Et tout s arrange : les cinq noces se font au nez et à la barbe du fourbe, qui n'y gagne rien. Britio nage dans les délices familiales : Liseo rabâche : « Todos es nada, iodos es nada ».
Ce n est pas une telle pièce qui pouvait rendre TArélin très suspect à ceux qui, venus d'Espagne, avaient prêché cette maxime espagnole, et que devait harceler si bien, après les Provinciales^ l'auteur du Tartuffe,
L'Arétin envoyait son ouvrage à l'auteur du traité delV Eloquenza *, Daniel Barbaro.
On a parlé de tous les livres où Molière aurait pu trouver une miette pour son génie; les plus érudits n'ont guère cité, jusqu'ici, que Scarron, que Barbadillo, que le Polyandre de Sorel. Mais « les satires de l'hypocrisie qui ont fourni quelques traits au Tartuffe étaient comme perdues dans ces légers ouvrages dont elles n'avaient pas été le dessein principal » *. Ici, au contraire. Ton voit une pièce, gauche il est vrai et fort touffue, mais qui porte le
1. Dialoffo délia Eloquenza. Venise, 1567, in-4. Voirchap. m et IV, passim.
2. P. Mesnard, Biogr. de Molière, p. 313. — Voir enc. ilo Roberville (P. d'Aglosse), Molière^ Scatn'on et Harbadillo, 1888, et G. Monval, dans le Moliériste de juillet et août 1888.