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3. Kd. de i5i6 et de 1549, in-8, Yinegia, appresso Giolito de' Ferrari. Il y avait eu une édition en 1533, dit-on.
acte, il ne fait que passer, débitant de ces vérités qui rendront populaire le nom du « fameux La Palice »; cependant que des femmes glosent, sans beaucoup d'agrément, sur leurs maris, et des amants, sur les femmes.
Les courtisanes, dont Y Hypocrite avait su éviter le relouren scène, réapparaissent dans le deuxième acte. Toujours mieux peintes que les autres personnages, car c'est pour elles que l'Arétin trouve ses meilleures répliques. « D'où venez-vous? demande-t-on à la TuUia ; où allez -vous? Comment ça va-t-il? » — Et la belle de répondre : « Je viens d'amour, je vais au repos, et ça va comme à l'ordinaire ». Ces femmes montrent, dans la pièce, une âpreté au gain, une ardeur de proie plus sensibles. L'esprit de l'écrivain comique se fait plus amer, et la langue est plus difficile, se charge de sous-enlendus et d'ironies perfides. L'intrigue commence à se nouer; le jeune Polidoro est féru d'amour pour la femme de Plataristotile, la belle Tessa. Il bourdonne autour de ses fenêtres comme un « zanzare » * vénitien, « egli zanzarea ».
Le benêt de philosophe arrive, sourd aux conseils de son compère, qui proclame que Soc rate méritait son sort, pour n'avoir point su se conduire vigoureusement avec sa femme; il débite de pompeuses balourdises, que Salvalaglio, le compère, entremêle de jurons dans ce goût : « Trente-trois tanches
i. Moustique, cousin.
326 l'itaue du xvi« siècle.
frites 1 Pieux el chaînes », et il finit par se voir traité de vieux papegai.
La Tullia se montre, avec sa servante, et combine de prendre en ses filets le provincial Boccacio, de Pérouse, qui a retrouvé déjà une ancienne maîtresse à Rome. Puis, c'est Tessa, la femme du philosophe, qui s abandonne à son amour pour le jeune Polidoro, passion de femme mûre, aiguillonnée par les conseils intéressés d'une servante. La servante elle-même est serrée de près par le valet de Polidoro, dont les discours sont aussi forts que son haleine imprégnée d ail.
Le couplet suivant, du compère de Plataristotile, est curieux, en ce qu'il met au jour, bien incidemment d'ailleurs, le mot de tartuffe, ce nom sur lequel on a tant ergoté; il est là dans son sens premier et originel, de truffes. Il faut marquer ce hasard, — toutes les lecture^ en sont faites, — qui a pu se produire pour Molière, lui suggérer, après le type de V Hypocrite qui le mit en éveil d'esprit, le nom même dont il pourrait affubler son gredin. « Que celui, dit Salvalaglio, qui veut s'en payer de rire, s'en aille chez l'apothicaire, où mon philosophe prouve en langue vulgaire et en langue littéraire, que le bon et le beau ne sont qu'une chose. En quoi, sauf le respect que je lui dois, il ment, et étrangement î témoin le porc, d'un si vilain aspect, et si bon en carbonnades! Eh bien! et les truffes [tartuffe] : on dirait absolument les étrons de cet animal ! Assagissez-vous, frères, tout n'est que hasard! )>.Ce
Salvalaglio est un ancien routier, une manière de Panurge en retraite, il cause avec un compagnon encore au service. Assez bon drille, du reste, et qui donne Técu tout entier à qui lui veut emprunter le demi.
La scène suivante fait voir la servante de la courtisane Tullia, qui amorce le marchand de I¥rouse, le bijoutier Boccacio; elle ne réussit guère. Mais Tullia s'en môle, instruite, sur la famille de ce Boccacio, par Tancienne maîtresse que le marchand avait laissée à Rome. Elle en profite pour jouer le grand jeu : elle se fait passer, avec force détails les plus circonstanciés, pour la sœur de Boccacio.
Les femmes, dans cette pièce, depuis la Tullia jusqu'à Tessa, femme de Plataristotile, laquelle « ne se repaît mie d'astrologies » et consulte sur le chapitre des amants son philosophe de mari, ce sont de robustes gaillardes, hardies aux choses comme aux mots. Le bon, c'est que les sbires viennent pour arrêter Boccacio chez la TuHia, sous le prétexte d'un assassinat qu'il aurait commis. Alors commence une vraie parade foraine, une comédie delV arte, un exercice des funambules, avec les sauts par les fenêtres, les gendarmes, les voleurs, les domestiques embrassant les maîtresses de leurs maîtres, et un homme mis à la porte, en chemise, après avoir laissé chez la courtisane « cinq cents ducats d'or, en or >>. C'est le provincial qu'on expulse de la sorte : il est recueilli par des larrons, qui lui conseillent de « faire de nécessité vertu ». — « Ainsi,
^<^init le malheureux, de marchand il me faut devenir voleur! — Ce n'est pas changer de métier «, ripostent les drôles.
Cependant repasse le philosophe, de plus en plus pareil au juge (Haudio, de Musset. Il marmonne des théories cosmogoniques embrouillées avec ses soucis <'onjugaux. Puis, par des retours réguliers, les voleurs ramènent Boccacio, disparaissent, reviennent encore, et finissent par faire ouvrir par le marchand complice la sépulture d'un évoque; ils se font remettre toutes les dépouilles du mort, après quoi ils poussent la dalle et renferment leur imbécile dans le tombeau qu'il a violé.
L'action, dans le quatrième acte, se resserre autour du philosophe, de sa femme et de l'amant, avec quelques personnages accessoires çà et là ; mais elle ne devient pas beaucoup plus vive. Les formules macaroniques, dont le génie rabelaisien tira de si mirifiques effets, chargent le dialogue par places : « Donne astute talmente, che distrighano intrighi, che non gli distrigharcbbe il distriga i distrigamenti délie distrigaggine distrigate da le distrigature de la distrigaggine distriga toia ». Mais ici, la bruisselante marotte est maniée sans génie.
L'éloge du vin par le ruffian en retraite, valet de Plataristotile, n'est point pour déparer pareille intrigue : il est subtil et convaincu.
Pour rafistoler son ménage, le déplorable philosophe a ridée plutôt discutable d'aller chercher sa belle-mère, de l'invoquer à la rescousse ; la terrible
alliée le traite comme Madame de Sotlenville traitera George Dandin son gendre. Plataristotile invoque le Dieu du divorce. Querelles. Sa femme Taccuse d'incompétence matrimoniale, et qu'il lui a laissé ce qu'il devait lui prendre. Outre cela, elle se plaint qu'il la réveille en philosophaillant, alors qu'il a toutes raisons de respecter son sommeil. Elle veut retourner chez sa mère.
A la fin, quand ils sont partis, une autre bande de larrons, Mezzoprete, Lo Sfrattato et Chietino, aux noms parlants', nouveaux échantillons de la racaille romaine, viennent pour piller à leur tour le sépulcre où les autres francs-mitous ont laissé le marchand Boccacio en tête-à-tête avec l'évoque défunt. Ils sont frappés d'eflfroi quand ils voient jaillir un vivant de cet asile funéraire : ils s'enfuient.
Boccacio, dans l'acte cinquième, est ressuscité, mais il est toujours en chemise. Il va célébrant son bonheur, qui lui a permis de prendre un avant-goût des joies du Jugement Dernier. L'ancienne maîtresse qu'il avait à Rome, et certaine logeuse équivoque où elle l'avait adressé, arrivent sur ces entrefaites, se vantent d'exploits qui relèvent du code d'instruction criminelle, et finalement dénichent Boccacio : elles l'emmènent se changer, ou mieux, se vêtir.
Apparaît Plataristotile ; il a remarqué la différence qui existe entre le gouvernement des femmes et le jeu des raisonnements. Il se répand en verbiages sur