‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 194 sur 227 · Lelt., m, 132 V · texte numérisé non relu

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LES RACmIOSAMENTI. 3o9

paru Tadmirer? Il périt « seulement à cause de Tombre de la jalousie » *.

Pour montrer Timbécillité des courtisans, L. Dolce sert une anecdote : « Un antiquaire de médiocre jugement, et de moindre race, avait un Alexandre, un Lysimaque, une Artémise et une Faustine, à fleur de coin, parfaits.... Lione ' put se les procurer, les contrefit, donna les vraies à Tamateur intelligent qui les désirait, et rendit les fausses pièces au balourd, qui n'y entendait rien. » — « Il fit son devoir! répond Tautre. » — « Du reste, dit L. Dolce, moi-même je n'ai pu distinguer les originaux des copies. » Érudits, inventeurs, cette cour de brutes ignares bafoue les hommes de mérite « par des plaisanteries d'enfants, non! de faquins! » Cette société est tout ensemble stupide et féroce, comme furent les roués de la Régence ou les incroyables du Directoire. On y exècre également « noblesse, liberté, mérite ».

Giustiniani, citoyen de Venise, tous les matins en se levant et tous les soirs en se couchant, se félicite de n*etre point dans ce pénible esclavage; il vit, libre dans son bien-être, en « citoyen de Tunivers ». Est-il « en fonds, il dépense; se trouve-t-il à court, il se resserre, il n'a point de dettes, il n'use ses deniers, et modère sa langue ». Moyennant quoi, il vit heureux, sans entrave et sans servitude. Et les

i. C'est ce favori Perolto ou Pierrotto que César Borgia poignarda « aux cAlés mêmes du Pape, si bien que le sang sauta à la face - d'Alexandre Yl. {Diarii di Mann Sanuto, ap. Baschet, les Princes, elc., p. 169.)

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