LES CAP ITOU
au sujet de Tavarice des grands. « Sur les grands, il ne pleut ni ne tonne, — El, à la louange de celui qui a quelques sous, — sans la tirer, toute cloche résonne. » 11 y a des avis dans ce goût : « Faitesvous un clystère de feuilles d'espérances ». Tout cela sans aucun talent de versificateur, dans un petit rythme qui sautille.
La deuxième pièce est dédiée au duc Cosme de Florence.
Seigneur Cosme, duc de Florence, Far grâce, mérite et naissance, Baise-mains à Votrp Excellence.
Teï est Tanalogue, en français, de cette poésie. L'Arétin y déclare qu'il « hait Michel Ange Buonarroti parte qu'il ne chasse point la prôtraille au... », à l'endroit où, selon Boileau, Mathurin Régnier menait sa muse « dans ses vers pleins de sel ». Mais il aime « ce bon sire. Je marquis del Vasto, qui tous les jours lui fait mille caresses ». Il l'aime jusqu'à espagnoliser son style, et parler d' « andari muy galani ». C'est là que, dans un éloge au duc, l'Arétin rappelle la promesse faite par Jean de Médicis, de le créer seigneur d'Arezzo. « Mais il plut au destin envieux que je fusse — pauvre et vieux, et lui mort et sous terre. » Cette lamentation sur sa vieillesse revient jusqu'à excéder. Il la ressasse dans le morceau , dans la complainte suivante, au prince de Salerne.
Le quatrième livret fut pour le roi de France. « Très Chrétien Roi, après les saluts — Et le baise-
pieds respectueux — qui vous convient plus qu^aux papes cornus, — Je supplie la bonté de François, — de faire que Sa Majesté — me donne les écus qu'elle m'octroya à Nice. — Sire, il faut donner, quand vous donnez — Autrement, c'est plaisanterie de courtisans. — Les œuvres de mes veilles, c'est les Psaumes de David, — Et de Moïse la Genèse. — J'ai de Christ * et de Marie écrit et imprimé les vies. » Là-dessus, une violente attaque au cardinal Caraffa, « hypocrite paresseux ». — « A la barbe des clercs fanfarons, — Roi bon, roi courtois, roi humain, — Roi de bien, roi gentil, roi gracieux, — Je suis, et veux être votre partisan. — Vous verrez mes rimes, ma prose. » — Et le compliment tourne à la sommation; mais aussi c« quand il entend célébrer le Roi, — 11 se réjouit comme un éléphant que l'on caparaçonne d'argent ». Il voudrait « être au milieu de ses fôtes, — Quand des forêts le Roi voit les pauvres bêtes — comme des zingaris errer sous la futaie ». Il reprend ses éloges stéréotypés des artistes : « Il me suffit que Titien, cet Apelle, — Qui toujours davantage montre en ses figures — L'esprit, le sang, la vigueur, la chair, les os et la peau, — Par charité pour notre amilié — M'ait peint, de sa manière admirable, — L'image sacrée de Votre Altesse. — D'ornements admirables Ta ceinte — ('e Sébastien Serlio, architecte, — Qui vous envoie en don son beau livre. — Il vous porte
1. La traduclion de VUmanità di Ciisto^ par de Vauzellc, est dédiée à Marguerite de Navarre. Lvon, Trechsel frères, 1539. in-8, fig.