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LA MARFISA. 381

valent des Amadis qui avaient empoisonné la France. L'Arélin ne pouvait manquer de flairer le succès et de prendre le vent. On a vu par combien d'avantures, de dédicaces différentes passa cette AJarfisa, dont il proclamait avoir fait brûler trois mille strophes, et plus, par son imprimeur*, et qu'il finit par dédier au marquis del Vasto. Il reste deux cent quatorze octaves, qui forment les deux premiers chants.

« D'armes et d'amour les véritables fictions, — Voilà ce que je viens chanter avec simples paroles », annonce la première octave. Ces simples paroles, les voici, dès l'abord : «Je chante la Dame invaincue et immortelle — Qui, dès que Roger se fut élevé au ciel, — Eut au cœur rage et deuil si grands, et tels que la vérité hésite à les narrer, — Troubla le royaume divin, troubla le royaume terrestre — Et fit trembler jusqu'à l'Empire du Tartarc; — D'où vient que sa noble gloire héroïque — Est l'éternel aliment de toute histoire. »

Qu'on se rappelle , pour mieux mesurer cette étrange audace, l'entrée et le portrait de Marfisa dans le Roland Furieux : « Or, chevauchant à travers ces contrées,... — Ils rencontrèrent, à la croisée de deux routes, — Une personne qui, aux vêtements et aux gestes, — Avait semblance d'homme, et qui femme était, — Dans les combats merveilleusement fière. — La vierge Marfisa, c'était son nom, — De telle valeur, que, l'épée à la main, — Elle fit

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