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LA VÎE DÉ LÀ VJBRÙE MARIE. 39ât
lure Sainte, les affubler de leurs pensées et leur inspirer leur langage. Il y a des songes, en grand nombre. Pour le drame de la Passion, TArélin t'avait fait ailleurs.
Une phrase du dernier livre édifiera sur le style i « L'horreur du silence qui avait occupé Tâme et là langue de cette aurore qui fit naître le soleil qui éclaire les ténèbres des humaines misères, — sitôt que le Ciel et Madeleine, Tun avec ses lumières et se^ sons, et l'autre avec sa joie, et avec sa voix, firent connaître la résurrection du Fils unique de Dieu^ dissipant la secrète mélancolie de leur cœur et de leur bouche, — se convertit en ce son que produi* 6ent les paroles des mères qui ont pleuré pour mort le fils qui est vivant » *.
La Vierge, avant l'Assomption, quitte le deuil pour se mettre en blanc. Les discours, à la fin, remplacent les épisodes. Au moment le plus path^ tique, l'auteur se met en scène r tandis qu'il décrit cette mort de la Vierge, où Rembrandt atteindra le comble de son génie, il déclare que « lui qui écrit ce qu'il imagine qu'a pu dire la Vierge aux Apôtres, il ne se peut tenir de pleurer * I » Enfin, les Apôtres, voyant la Vierge s'élever au Ciel, font « ces gestes admiratifs, que diaprés le très grand Michel-Angè Buonarroti et le rare Titien Vecellio saura dépeindre le burin illustre du cher Francesco Salviati, jeûne homme très fameux ' ».
394 L'ITAUE du. XVI'' SIËCU5. "
La Vie de saint Thomas dCAquin est dédiée au très illustre seigneur Tomaso Miari ', dans la réimpression. Elle le fut, à Torigine, au marquis del Vasto. Landolfo d*Aquino, préoccupé des maux que souffre rÉglise, va consulter, dans Tancien temple de Cumes, un saint ermite qui a remplacé la sibylle ; il se voit prédire la naissance et les futures destinées d^un Gis, conçu de ce jour même. L'Arétin donne une esquisse de la philosophie de saint Thomas *. Cependant Landolfo doit aller combattre « Frédéric II, empereur inique » ', et son fils va naître bientôt : par la force de ses désirs, Théodora, mère du saint, provoque une rapide délivrance. On ne peut suivre un écrit où tout devient matière à description, jusqu^au bain de Thomas enfant ; les allusions aux del Vasto sont sans nombre.
Lorsque Thomas a perdu son père, il va, malgré le désespoir de sa famille et les émeutes de ses concitoyens, prendre le froc dominicain, à Rome. Sa mère Ty recherche, et elle prie « devant un si beau tableau que, s'il eût existé en ce temps-ci, on eût dit qu'il ne pouvait être d'un autre pinceau que celui de Titien, peintre illustre, admirable, très honnête homme et plein de gravité » *. Thomas, repris par ses frères, est enfermé à Rocca Secca ; on
i. Édition de Ginammi, 1630, in-18, vi-412 pp. (Bibl. de l'Arsenal, n« 14 560. Hist.)
3. Cf. E. Gebhart, Vltalie mystique^ chap. iv ; VEmpereur Frédéric Il (Hachette, 1893).