‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 212 sur 227 · LA VIE DE SAINT THOMAS D*AQVIN · texte numérisé non relu

LA VIE DE SAINT THOMAS D*AQVIN

le soumet aux tentations « d'une courtisane non moins accorte que belle, qui a Tordre de s'introduire auprès du pudique jeune homme avec une impudique licence » *. Elle essaie en vain d'émouvoir, par tous les artiflces « d'une fille immonde, l'incorruptible continence ». Mais un miracle transfigure Thomas et convertit la femme, qui renonce au monde. Les anges apportent au saint une Bible, une tunique. Sa sœur, sa mère, prennent les ordres. II se réconcilie avec ses frères et va étudier à Cologne sous Albert le Grand.

Veut-on du style philosophique à la façon de TArétin : « La loi divine est une raison conforme à la nature, dispersée en tous, constante et éternelle ; elle appelle au devoir par le commandement, et, par la défense, épouvante la fraude, son contraire ; sa céleste équité ne défend ni ne commande aux bons, ni en commandant ou en défendant n'émeut les mauvais ; on n'en peut changer rien , ni s'en détourner du tout, ni l'augmenter, ni la diminuer, et nous ne pouvons par autorité ou empire être éloignés d'elle; elle n'a point besoin qu'on y cherche d'interprète, ni qu'on la proclame ; elle n'est point telle en ce lieu, et puis autre dans cet autre-là, ni plus en cette villeci qu'en cette terre delà-bas. Mais elle est la môme, éternelle et immuable*. » Ce n'était pas si mal, pour un ami de ce Lodovico Dolce, dont l'aristotélisme était mal éclairci.

âld& L^ITÀUE DU XVI* SIECLE.

Des discussions scolastiques, Rabelais aurait pu lirer quelque plal de son métier '. Saint Thomas est appelé à Paris parle roi : le bœuf a mug-i, et la terre à entendu son mugissement. La question delà nature divine est agitée, le Saint proche devant le roi, il parle aussi en proverbes « à la façon de Salomon ». Un contradicteur, qui est le Diable déguisé^ le contrecarre sur la question de la destinée :1e saint docteur confond TEsprit Malin, et proclame la prescience divine.

Le Mauvais l'éprouve encore' en faisant annoncer la mort de sa mère, et son élection comme général de son ordre. Thomas chasse' le Tentateur. Son ordre Tappelle à Bologne, il part après un dernier discours à ses disciples *. En chemin, il réforme les monastères, console les amants maltraités, prêche partout, distribuant» la manne céleste de sa parole ». 11 traverse Tltalie en tous sens « chargé seulenjeùt (ce seulement est admirable!) de ses écrits ». L'âge survient, et il lui faut prendre le renfort d'une mule '- Il va voir le saint-père à Rome et refuse tous les honneurs ; il prêche à la Minerve. L'Arétin à tout bout de champ compose des sermons; Diderot a bien commencé par là.

Cependant, le saint est confondu d'avoir osé parler sur la nature de Dieu. Rentré dans sa cellule, il fait son examen de conscience. La cellule est ornée d'un crucifix « tel que saurait le sculpter le Buonarroti

i, P. 220 et suiv. — 2. P. 239-291. — 3. P. 338.

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LA Vie DE SAfSTE CAWEIUNE. 397

OU le peindre Titien ». Le Christ lui parle, le rassuré, et sa gloire devient universelle.

Arrive, comme il peut, un éloge des d'Avalos. Enfin, une lettre du pape convoque Thomas au Concile. Il s'y rend « avec son humilité très humblement humble » *. Mais la fièvre l'emporte., ou bien un mal pire encore : « La renommée dit, et Dante témoigne ' que je ne isais quel roi, par crainte que la libre sévérité de sa lailgue ne vînt à publier Ténormité de ses scélératesses, dans rassemblée du Concile, lui fit donner le poison; chose qui mérite créance, attendu que les princes n'ont pas de plus grand ennemi que la vérité, abhorrant qui leur dit leurs erreurs; aiissi peut-on croire que Thomas fut (comme on le lit dans les écrits de TAlighieri) empoisonné par l'intermédiaire d'un de ses grands familiers, et cela pour la gloire de la vérité, qui méprise à jamais le péril, lequel est imminent à tout pré* cheur, défenseur et combattant du vrai » '.

La Vie de sainte Catherine, vierge, fut offerte, le 23 novembre 1540, au marquis del Vasto. Elle avait paru avant cette date, mais la fête de la sainte fut un prétexte à dédicace *. L'Arétin s'y excusait « d'écrire non point. ^vec l'inspiration de l'Esprit Saint, mais ayec la plume de la fragilité », Son ardeur à composer sur ides matières 3acrées, et I0

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