LA C BIARFISA » ET SES DÉDICACES
la maison de Gonzague. Mais les amitiés cl les inimitiés de TArétin allaient et venaient plus vile encore que sa plume. La brouille entre Frédéric de Gonzague et TArétin survint avant que le poème fût terminé ; l'auteur ne s'embarrassait pas pour si peu de chose. Un rare, un unique exemplaire de ses lettres garde une dédicace en double, par suite probablement d'une surenchère ou d'une fâcherie survenue pendant l'impression. Le manuscrit de la Marfisa, s'il existe encore dans quelque liasse d'archives, pourrait montrer des variantes encore plus considérables; l'Arétin, en effet, fit disparaître, des trois chants déjà composés, tout ce qui pouvait avoir trait à la gloire des Gonzague, et, sans même prendre la peine d'achever l'ouvrage ou de le mieux accommoder, il le dédia, tout démembré comme il était après cette opération magistrale, au marquis del Vaslo, neveu de Pescaire, un nouveau protecteur qui fit beaucoup travailler THien et beaucoup gagner à l'Arétin. Il avait changé seulement quelques vers à sa dédicace ampoulée. Il avait le style assez vague et les louanges assez communes pour adapter à lout le monde ce qu'il écrivait pour un seul. Le (our fut joué. C'est le principe des œuvres dites a à tiroirs ». Cette rapsodie médiocre, faible suite à VOrlando dcl'Arioste, eut du succès, puisque l'auteur en fabriqua lui-m(^me, dans la suite, une contrefaçon «.