‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 23 sur 227 · Luzio, p. 21, notes · texte numérisé non relu

Luzio, p. 21, notes

La brouille cependant ne s accomplit pas assez vile pour que TArétin n eût le temps de demander au marquis plus d'un service encore, et de mainte nature. Les textes autographes sont là pour montrer le capitaine pontifîcal , Tancien adversaire du Chevalier sans peur et sans reproche, en train de s'entremettre pour rendre au libelliste les offices les plus intimes, les plus étranges, ceux-là môme que les princes ont coutume d'exiger de leurs serviteurs. Pour parler net, Frédéric II servait de procureur aux amours de TArétin; amours variées, à la mode italienne, et qui confondaient les deux sexes dans leurs élans passionnés. L'Arétin n'avait garde, en vers comme en prose, de dissimuler les ardeurs autrefois chantées, dans les Eglogues, par le cygne de Mantoue. Et le marquis de Mantoue, ayant réussi pour lui faire présent de la dame convoitée d'abord, essayait encore de convertir le jouvenceau que distinguait une seconde flamme ^ Mais le filleul du Bianchino, qui succédait à Isabella dans les désirs de l'Arétin, fut rebelle à pareille fortune, malgré les instances du prince. « S'il eût été possible, écrivait le marquis à l'Arétin, de satisfaire votre désir et violente passion pour ce Bianchino, je l'eusse fait bien volontiers. Mais, vu la résistance qu'il a faite lorsque Robcrto lui a parlé de votre part, attendu qu'il ne me semble point honorable d'arriver à la chose contre son gré, je n'ai pas cru le

1. Cod. Marc, a. c. 43 i v. - Isabella Sforza ha converlilo TAretin' da ché ei nacqiie Sodomito. » — Luzio, p. 23.

Page 1