PREMIÈRE BROUILLE AVEC FRÉDÉRIC DE GONZAGUE
il connaissait bien le point faible de TArétin, et il lui prédit hautement qu'après une telle incartade il n'était plus désormais un seul lieu de sûreté pour lui, quand il serait en paradis même. L'Arélin fut terrifié : la menace réussissait toujours avec lui. Il se répandit en excuses, en prières *. L'homme qui tremblera devant le pistolet inoffensif du Tintorel s annonçait déjà; effronté et couard tout ensemble, impudent lorsqu'on reculait, rampant devant qui le rabroue et lattaque en face.
Le marquis avait pris l'affaire en très mauvaise part : il menaça de mort TArétin, qui lui répondit par mille excuses et par une demande d'écus. On fil la paix, et le beau jour de l'Ascension vit l'Arétin traîner au soleil de Venise « une robe de velours noir, frangée de galons d'or, avec la jupe de dessous en toile d'or, le pourpoint et les caleçons en brocart »; un bel habit à la vénitienne était incomplet, si Ton n'y ajoutait une belle femme : il reçut donc pour « une sienne commère, moult plaisante^), des raleçons d'or et de soie cramoisie. C'était une heureuse saison pour sa garde-robe; le comte Guido Rangone lui envoyait de son côté un pourpoint en velours blanc*; les capitaines ménageaient, gâtaient l'homme qui avait au poing une arme moins pesante^ mais plus redoutable que leur épée.
La vogue se décidait de plus en plus en faveur de
\, Malatesta à Galandra. — Cf. Bellinelli, Délie lett, et (telle artc Mantovane, p. 406 et siiiv.