‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 26 sur 227 · Letl., I · texte numérisé non relu

Letl., I

rArolin. Avec elle se multipliaient les tours de passe-passe et les scènes de comédie; il en était inépuisablement fertile. Toujours monté au plus oxtrt^me diapason, bon Italien qu*il était, passant de la haine à la ferveur, il avait voulu témoigner sa reconnaissance pour les caleçons d'or et de soie : le maître ciseleur Valerio Belli de Vicence exécutait sur sa commande un merveilleux poignard, qui prit six mois entiers pour être parfait, et qui transporta d'aise le marquis Frédéric*. L'Arétin était redevenu « le magnifique et doctissime, ami très cher ».

« Je suis demeuré stupide à le voir, il y a longtemps que je n'avais vu chose digne d'être comparée à celle-ci! » C'est par un de ses serviteurs, car il avait déjà des pages, que l'Arétin faisait offrir son présent : on recevait maintenant de lui ces poignards dont naguère on le menaçait par deux fois. La Marfisa sortait du tiroir, et suivait la faveur revenue : « Et cette Noël-ci, où vous espérez avoir fini votre Poème, je ne manquerai pas de vous faire quelque autre don, pour marquer l'amour que je vous porte.... Tout à vous, le marquis de Mantoue. » L'Arétin s'était porté fort de finir son poème en deux mois à peine, de la fin octobre à Noël.

Mais cette pauvre Marfisa n'avançait pas plus que si elle eût chevauché la jument de Roland. 11 y eut

1. Lett. scr. airArel.. I, 17-18. — Les originaux, sont dans los archives de Mantoue; forte preuve que Ton peut se fier pleinement aux textes imprimés, puisque les lettres autographes sont conformes quand on les découvre. Voir Appendice.

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