‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 29 sur 227 · INSTALLATION DE L'ARÉTIN · texte numérisé non relu

INSTALLATION DE L'ARÉTIN

au doge, il faisait à la ville de Venise la politesse d'un interminable dithyrambe *.

Le pape venait de promettre le fameux bref pour la Marfisa, et la forte somme *, après s'être un peu fait prier. Mais que pouvait-il refuser à l'homme dont on parlait jusque chez le Grand Turc, mieux encore, à qui Ion envoyait un peu plus tard « une Turque belle et de prix ' ». Le marquis de Montferrat passait-il à Venise? il s'an'ôtait pour combler l'Arétin d'honneurs et de présents : l'écrivain s'empressait de les énumérer à ses autres patrons, afin de les piquer d'honneur.

Un tel homme ne pouvait vivre que dans un palais. Il l'avait, et il l'a décrit dans une lettre à son propriétaire, Messer Domenico Bollani * : « Je croirais, très honorable gentilhomme, pécher d'ingratitude si je ne payais en louange une partie de ce dont je suis redevable à la divinité du site où est établie votre maison, laquelle est ma demeure pour le plus grand plaisir de ma vie : attendu qu'elle est située dans un lieu... sans défaut.... Certes, celui qui la billit lui donna la première place sur le plus beau côté du Grand Canal. Et comme c'est là le patriarche de tous les autres canaux, et que Venise est la papesse de toutes les autres cités, je puis dire avec vérité que je jouis de la plus belle rue et de la plus agréable vue

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