‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 36 sur 227 · BROUILLE DÉFINITIVE AVEC FRÉDÉRIC II · texte numérisé non relu

BROUILLE DÉFINITIVE AVEC FRÉDÉRIC II

rArélin apparut, à ce protecteur si longtemps aveugle et rempli de longanimité, tel vraiment qu'il n'avait jamais cessé d'être : un grand escroc et un médiocre poète.

L'Arétin, qui avait du flair, sentit le péril et fit tout pour se rattraper; mais en vain. La disgrâce dura dix ans. En 1540 seulement, très peu de temps avant la mort de Frédéric II, Paul Jove parvint à remettre assez bien les choses * ; mais la fin du prince rendit le retour en grâce aussi bref qu'inutile. C'est en vain que Tévéque de Nocera écrivait en <lécembre : « Le seigneur duc de Mantoue, grâce au sire marquis et à mon entremettage (ruffianamenlo) ainsi qu'à celui du compère Titien, vous a iterum placé dans le registre de ses antiques amis ». La fin de ce môme mois de décembre emportait le duc Frédéric de Gonzague.

Mais la perte de son plus solide protecteur n'était plus, à cette époque, un désastre pour l'Arétin ; à peine s'il la ressentit, et sa fortune n'en pouvait t>tre atteinte; il était lancé dans la pleine célébrité; bien à couvert sous la protection de Venise, il ne relevait désormais que de lui-môme. Qu'importait la mort de celui qui avait aidé le plus puissamment sa fortune longtemps vacillante ? La chance s'était décidée, et quant aux protecteurs, il n'avait qu'à choisir. Pas un, et jusque sur le trône impérial ou dans la chaire de Saint-Pierre, qui lui refusât

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