Lett. scr. ail' Ar., II, 38 et suiv
74 L'ITALIE DU XVl" SIÈCLE.
son crédit en échango de la réclame el des bons offices.
Il fallait cependant placer la Marfisa, toujours en souffrance. L'Arélin essaya d*un Médicis , de ce biltard Alexandre qui venait de paraître à si grand fracas sur Thorizon politique de Tllalie K Mais le futur duc s'occupait à tyranniser Florence, en attendant qu'il méritât de s unir à Tune des filles naturelles de Charles-Quint et qu'il amassât sur sa t^tc Torage de haines dont le poignard de Lorenzaccio marqua le dernier éclat. Le tyranneau se soucia médiocrement de l'Arétin, Tententc fut brève : ce poème assez défraîchi revint à un étranger, au marquis del Vaslo, l'Espagnol gonflé d'importance que l'Arétin sut consener pour son Mécène et fit chanter sans trêve, par l'ironie autant que par la louange *. C'est le marquis dont la munificence donnait au palais du (irand Canal un vélum de soie pourpre, qui ondoyait jusque sur la lagune et montrait aux passants la demeure du grand homme.
Un autre Vénitien fameux, le cardinal Bembo, « le plus grand parmi les littérateurs médiocres du xvi» siècle ' », se trouvait l'année suivante avoir un ennemi dans la personne du jeune Broccardo. Il ne trouva pas que sa propre plume fût assez envenimée pour tirer la vengeance qu'il rêvait ; il s'adjoignit
1. Arch. di Slalo in Firenze. Carie slrozzianc, (ilza 138, c. 40.
2. Cf. Trucchi, Poésie, 111, 212; et Vaticana, cod. 92, TO, biisla 20, •.