‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 38 sur 227 · PUBLICATION DES € LETTRES · texte numérisé non relu

PUBLICATION DES € LETTRES

TArélin ; à eux deux ils en arrivèrent à faire mourir de chagrin le trop sensible Broccardo *. C'est ainsi que messire Pietro s'acquérait la situation de « dictateur par la plume » et méritait qu'en 1532rAriosle vînt consacrer son nom et ses surnoms. En 1533, c'était Franc^ois I" qui envoyait la chaîne célèbre, la plus belle de toutes, la chaîne symbolique formée de langues d'or imbriquées, avec une inscription qui est un hommage à Tauteur des giudîzi : « Lingua ejus loquetur judicium * ». En 1530, Charles-Quint donnait la pension de deux cents écus '. Enfin, en 1337, la publication du premier — du meilleur — recueil des lettres de l'Arétin, en répandant partout sa renommée, mettait le comble à sa puissance.

Cet amas de documents qui forme les six volumes, de six cents pages chacun, où s entassait une partie de sa correspondance, c'est le monde des princes, des artistes, la société de la Renaissance tout entière, durant trente-cinq années, qu'il fait ressusciter *. La diffusion de ces épîtres fut énorme, leur succès prestigieux : « la vie que prenaient les papiers couverts de son œuvre * », de ces lettres que l'on montrait à l'empereur, que les princes apprenaient par cœur, dont il répandait des copies que l'on se dispu-

\. Cian, Vn decennio delta vita di M. P. Beml/o, p. 179.

2. Liizio, passim, et arch. <li Slato Firenze, Carleggio ciTrlïino. Cl. I. Div. f. Filza III.

3. L'ambassadeur Agnello au duc de Mantoue, Icltrr <!(' Venise, 1536, 14 octobre.

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