‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 44 sur 227 · SUCCÈS DE L'ARÉTIN · texte numérisé non relu

SUCCÈS DE L'ARÉTIN

hommes qui savaient tracer avec Palladio un plan de leur villa de Terre-Ferme *, étaient les premiers à prôner et à célébrer TArélin. a Lorsque nous discourons ou dtnons ensemble, avec Titien, écrivait-il, je ne donnerais pas un sol du Sacré Collège *. » C es! qu'il se sentait soutenu par cette chaude admiration qui est le premier bien pour les écrivains de vogue éphémère : car, sans elle, ils n^auraient pas même Tillusion d'avoir existé. Sa comédie de la Talanla fut « composée à la demande des magnifiques seigneurs sempiternels, et récitée par leurs Magnificences elles-mêmes, avec admirable et superbe apparat * ». Lltalie tout entière suivait le mouvement donné par Venise.

Florence *, Sienne, Padoue, le nommaient de leur académie. Le PoUastrino lui soumettait ses Triomphes^ Francesco Alunno ses Observations sur Pétrarque; Girolamo Maggi voulait son avis sur les cinq premiers livres de la Guerre des Flandres, avant que cet ouvrage fût abandonné à l'imprimeur. Giovanni Slefano Montemerlo de Tortone, dans son livre délie Frasi Toscane, le citait entre l'Arioste, Sannazar et Bembo, comme un maître de la « lingua volgare ». Benziano écrivait de lui : « C'est la règle de tous, et la balance du style ». Quand l'Arétin se traitait lui-môme de « censeur du monde », la voix

i. Cf. Ch. Yriarte, La vie d'un patricien à Venise, Paris, Pion, i87i.

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