Lett., m
publique répondait : « C'est Germanico, Pannonico, Gallico, Ispaniense qu'il conviendrait te nommer, parce que tu as mené les princes à ta guise en tous ces pays, comme jadis on nommait les empereurs romains du nom des provinces subjuguées *. »
Tandis que Betussi, Sansovino, Dolce, Francisco Cusano, Doni aussi qui devint plus tard son ennemi mortel, et Marcolini, et Caravia, et Nelli, et Veniero, et vingt autres, lui dédiaient leurs œuvres, le plus grand poète du temps le mettait dans le Panthéon littéraire de Tltalie *. Son portrait était répandu à régal de celui d'Alexandre, de César et de Scipion. Comme les héros, il ornait, en ronde-bosse, les façades des palais et des édifices publics. Le jour où Sansovino fondit en bronze les portes de la sacristie à Saint-Marc, FArétin vint faire pendant à Titien, sur un vantail; il représentait un prophète de la Bible. Les médailleurs, et les plus grands de l'époque, travaillaient en son honneur : si bien que le Bassa Ibrahim, voyant une de ces belles pièces, demandait quel roi c'était là. La mère de l'Arélin, la ribaude d'Arezzo, se profilait sur une face d'un coin finement ciselé, dont une fille naturelle de l'Arétin ornait l'autre côté ; c'est qu'elles
1. Baltista Torniello, Ragionamenii, II, Déd. — Cf. Lett., 1, 235 ; V, 284; VI, 4, 30, 192. — Benziano, Poésie, Venezia, Zanetli, 1538, in-8. — Lett. scr ail' Aretino, I, 205; II, 288, etc. Consulter aussi Crescimbeni, Storia délia volgare poesia, Venise, 1730, in-4.
2. L'Arioste, Orl. fur., CXXXXVI, 14, et non point du tout par ironie, comme Fr. Sansovino l'a insinué (Venezia descritla, in-i, 1663, p. 120).