‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 48 sur 227 · ARTIFICES DE L'ARÉTIN · texte numérisé non relu

ARTIFICES DE L'ARÉTIN

lêle de Taigle et soutiennent l'inscription où se trouve, en lettres minuscules, le nom de l'Impératrice à qui j'ai dédié et envoyé mes stances. César connaîtra votre manière, puisqu'il a entre les mains le petit ouvrage que vous fîtes pour Hippolyle de Médicis, de glorieuse mémoire, et que le pape Paul III a donné à Sa Majesté, quand elle vint à Rome, avec ses couvertures émaillées de joyaux. Mais avec quoi récompenserai-je une si charmante peine, puisque vous ne voulez point de deniers? Je vous rendrai de l'encre pour des couleurs et de la sueur pour de la fatigue. Et, de cette manière, votre nom aura autant de plaisir par le renom que je lui vaudrai, que j'ai reçu de délectation par le travail que vous m'avez fait *. »

L'Arétin savait trop bien d'où venait sa puissance pour laisser perdre ces lettres qui formaient les recueils imprimés, instrument de sa tyrannie ; lorsque, par hasard, la copie de l'une d'entre elles venait à manquer, il s'empressait à la ressaisir : « Mon lils, écrivait-il à Vasari, s'il est possible de retrouver la lettre dans laquelle je vous narrai les triomphes qui furent faits à l'Empereur lorsque Sa Majesté vint à Florence ', mandez-m'en la copie ; car j'aurais à cœur de la ranger au nombre des deux cents et plus que je fais imprimer; certes, elles seraient plus de deux

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