‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 51 sur 227 · TITIEN ET CHARLES-QUINT · texte numérisé non relu

TITIEN ET CHARLES-QUINT

si Ton ne voyait pas de par le monde vos œuvres cl les miennes!» Cette Annonciation^ tant célébrée, n'existe plus que dans les pages de l'Arétin; le temps et TEspagne Font détruite. La gravure de Caraglio en conserve le souvenir, au moins quant à la composition et aux lignes principales ; on y voit range Gabriel incliné devant Marie ; un arc-en-ciel apparaît dans le ciel peuplé d'anges ; deux d'entre les angelots portent une banderole avec la devise impériale « Plus ultra ». Titien avait accommodé le tableau des religieuses au goût de Charles- Quint *.

L'Arétin connaissait Tinfluence que la « sacrée impératrice auguste Isabelle » avait sur l'esprit de son époux ', malgré les diversions aussi vulgaires que nombreuses auxquelles s'échappait l'empereur '. En 1532, Charles-Quint avait admiré à Mantoue le portrait du marquis Frédéric, peint par Titien, et désiré se faire peindre de la même main. Titien avait exécuté la commande l'année suivante. L'empereur était représenté en buste, revêtu de l'armure, posé bien franchement en face *. 11 ne posa guère qu'une seule fois. Mais Titien n'en était pas à cela près

1. Une autre Annonciation, peinte pour Philippe II, a été gravée par Lorenzini (Crowe et Cavale, op, cit,, II, 571).

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