‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 57 sur 227 · Lell., II · texte numérisé non relu

Lell., II

3. Cf. L. Palustre, V Architecture de la Renaissance, p. 138, 161, 177, 20i, où le rôle de Serlio est victorieusement diminué au profit des architectes français.

PAUL m ET L'ARÉTIN. iOl

puissants monarques, puisque, s'il faut Ten croire : w le roi très chrétien s'émerveille du portrait de moi qu'a peint Francesco Salviati, et le fait porter en tous lieux parmi ses plus précieux joyaux * »? Grâce à TArétin aussi, François !•' demandait ce jeune homme de trente-deux ans, « car, des jeunes gens tels que lui, il n'en naît point tous les jours ». Salviati ne vint pourtant en France que pour décorer à Dampierre, le château de ce cardinal de Lorraine qui sut rapporter d'Italie tant de trésors pour sa patrie.

L'homme qui avait inauguré le genre épistolaire en italien *se servait sans scrupule de ce merveilleux instrument pour régenter les ducs ', lorsqu'ils se montraient peu sensibles à ses envois, et jusqu'au pape môme, s'il le fallait. Il était cependant en bons termes avec le nouveau pontife, ce Paul III Farnèse, indulgent à Rabelais, ami de Titien, capable de se réjouir à un beau portrait et de passer sur un brocard tout en soutenant le Gesù et en méditant le concile de Trente. D'ailleurs, le pape était allié de la sérénissime République, et Titien était en train de le peindre *.

Cette môme année 1343, l'Arétin consentait à

i. Lelt., 316 V, 317. Cf. Vasari, éd. Milanesi, t. VII, p. 19, et Lett. pittor., 111, XLIX. — 2. Letl., 111, 19. — 3. Lelt., III, 29.

i. Portrait qui représentait Paul III - sur une chaise de couleur cramoisie, les pieds sur une escabelle rouge et posée sur un tapis levantin. A sa droite, Pierre-Louis (son fils) en veste noire brodée d*or, l'épée au côté, une main posée sur la hanche. » Campori, Race, di Cataloghi. Invent, délia. Coll. Farnese, p. 239; Crowe et Cav., l. II, p. 11-12.

quitler Venise un instant. C\Hail pour aller chevaucher à la droite de Charles-Quint. « Aussi grand capitaine que grand empen'ur, il a fait jubiler mon âme quand sa clémence a consenti à ce que moi, infîme, je vinsse chevaucher à sa droite. »> Mais Venise le rappelait, lui tenait au cœur tout ainsi qu'une maîtresse idolAtrée : « Je me suis laissé, disait-il à Titien, éloigner du Paradis terrestre! Que ne suis-je dans la cité que j'admire L Insupportable est le martel (jue j'ai en tôtc pour le Grand Canal. Je ne mets pas le pied à l'étrier que je ne soupire après le repos de l'aller en gondoles.... Des fournaises, des granges, des cavernes, voilà ce que me paraissent les autres terres au prix de Talnie, inclyte, adorable Venise * ! »

Il fallait bientôt relancer le pape, qui ne payai! pas mieux qu'un roi; Titien ne voulait qu' « un peu de pain » et l'autorisation de faire une chapelle particulière dans sa maison. Était-ce donc demander tant, alors que le petit-fils de Paul III, le duc Octave Farnèse, gendre de Charles-Quint, était si parfaitement généreux * ; au point de mériter que l'Arétin lui envoyât, un mois après, une médaille d'or figurant l'empereur', qui n'avait pas encore pris Plaisance à ce gendre admirable. De pareils protecteurs étaient si chers à l'Arétin, que de voir faire leur portrait ou d'entendre leur éloge, cela suffisait à guérir sa fièvre quarte *.

1. Lelt., III, 55 V, 56. — 2. Lell., 111, 50 v», 52. — 3. Lelt., III, 54. — i. Lctl., III, 67.

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