LE PORTRAIT DE L'IMPÉRATRICE
La « Sacrée Impératrice Auguste » élait morte, et Titien avait été chargé de faire un portrait d'elle, puis un autre encore. Il se hâtait lentement. Kn octobre 1544, ce « portrait splendide avait été si fréquemment sollicité » par le zèle de TArétin, <iu'il était enHn terminé sous sa double forme. Une lettre de TArétin apprenait à César l'achèvement du travail qui « avait donné le sentiment à cette figure bénie ». M La peinture, à qui le vif amour de votre cœur tiendra lieu de vie (si bien qu'elle montrera en ce silence qu'en se taisant elle parlait, et parlant elle se taisait), tient quelques fleurs dans son giron et dans sa main, lesquelles exhalent leur odeur fragrante, respirant le précieux de l'ambroisie et du nectar *. »> Ce qui n'empêchait pas les plaintes les plus vives touchant la ladrerie des ministres impériaux : « Je baise le genou de la Clémence Impériale, en m'élonnant que l'Empereur, qui sait se faire craindre de tout l'Univers, ne puisse obtenir obéissance de ses ser\'iteurs. » Les portraits, qualifiés par les inventaires flamands de « ressemblance de l'Impératrice fait sur toile par Tisianc », furent portés à Charles-Quint par l'ambassadeur de Venise, Bernardo Navagero ', en môme temps que l'épître de TArétin l'était par don Diego de Mendoza. Titien