‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 60 sur 227 · Mignet, p. 412; Slirling, Cloisler Life of Charles V · texte numérisé non relu

Mignet, p. 412; Slirling, Cloisler Life of Charles V

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PRÉSENTS ÉCHANGÉS AVEC LES PRINCES. i05

Bruxelles; lequel, par ses lettres, affirme Tavoir remise en mains propres au duc Octave : ce que nie Son Excellence, ainsi que je le vois d'après vos lettres. Tellement qu'il faut encore en ceci parler d'après lopinion d'autrui. D'un côté, en effet, comment croire que Zapatta, qui loyalement héberge des milliers d'écus, dise un mensonge? Et, de l'autre chanson, ce serait merveille grande qu'un tel prince aille nier avoir reçu un pareil don. Mais, comme les princes sont les princes, et les Farnèse les Farnèse, on va doutant si le seigneur Octave, en pensant à la récompense qu'il fallait à ce présent, n'a pas nié qu'il l'eût reçu *. » A défaut d'autres mérites, c'était parler net, et l'on voit bien que le gendre de l'empereur baissait en considération. C'était après de telles lettres que l'Arélin se voyait reprocher de « tantôt élever les princes jusques aux cieux, tantôt les jeter à l'abîme ». Il les jetait môme plus bas.

Du reste, la renommée croissant, l'Arétin n'écrivait qu'à sa tôte et à ses heures ; il daignait remercier d'un pommeau d'épée ciselé, puis le lendemain il faisait attendre même le duc d'Urbin *. Quand il envoyait son portrait à Paul Jove, afin que celte « terrible merveille » prit place dans la galerie de l'évoque, il faisait sonner bien haut sa bonté grande '.

Les princes et les grands seigneurs de ce temps n'étaient pas justiciables de TArétin par leur seule noblesse et richesse ; il y avait parmi les archiducs

1. Lett., 111, 13i. — 2. LelL, 111, 113, 114. — 3. LeU., 111, 121.

106 L'ITALIE DU XVr SIÈCLE.

héritiers et les patriciens de Venise, des artistes que TArétin pouvait louer ou critiquer. C/était Marc- Antoine Barbaro, Télève du Vittoria, c'était aussi le neveu de Charles-Quint, le fils de Ferdinand I". « C'est assez et trop, écrivait TArétin au maître de la villa de Masère, Magnifique mon compère, que le témoignage de vous seul, pour confirmer aux gens qu'il est nécessaire de naître doué d'un esprit singulier et d'un génie heureusement pourvu, pour ce que c'est une moindre fatigue de se dépasser soimême à la course, et de voler sans ailes, que, pour un homme non aidé par la nature, de s'instruire en aucune chose; d'un libre esprit, tous les arts sont les disciples. Aussi peut-on intituler alchimistes, ceux qui ont la présomption de faire celui que nul jamais ne fut, ni ne peut être, lorsque leur manque une si docte et si prévoyante maîtresse. Malheureux seraisje, si j'avais à me prévaloir des livres plutôt que de moi-môme! Je suis entré en tel propos, parla grâce des miracles que l'on voit sortir de ce pinceau que la mère de toutes choses vous met en main présentement». Et ce n'est pas seulement dans la peinture que vous exercez le don qu'elle vous a octroyé dès votre berceau, mais aussi et encore dans les stucs, dans la perspective et dans la sculpture. Tellement que, si les Fabius ' vous voyaient, ils admireraient vos œuvres, comme les autres admirent les leurs, ou

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