Lett., V
il4 L'ITALIE DU XVI* SIÈCLE.
monde « Romipète » : Bergame lui semblait déjà trop loin, malgré la Fiera et Pantalone.
Sa seule vertu, dans ces transactions d'une dignité discutable, c'est la manière dont il place la force personnelle de Thomme au-dessus de la noblesse héritée de la tradition. Il a su, en face de Tarislocratie de convention, dresser Taristocratie du talent; du moins en a-t-il hautement revendiqué les droits, sans les avoir peut-être : « Il se trouve plus de nobles que de gens de talent, a-t-il proclamé. Le talent fait la noblesse, et non la noblesse le talent. Les gentilshommes dépensent, et les gens de talent s'élèvent * 1 »
Il ne dédaignait aucune relation utile, pas même celle des podestats de la banlieue : Mestre, Trévise, étaient bons encore '.Joignant le solide à l'agréable, le magistrat de cette dernière cité lui avait envoyé des écrevisses en môme temps qu'un dessin. L'Arétin aurait bien voulu aller lui baiser les mains avec Titien et la divine Angelica ZafTetta ; un grand poète, un peintre illustre, une honnête courtisane, qui ont promis leur visite, devraient tenir leur parole : mais quoi? Mme Angela souffre d'une maladie trop commune , le Vecellio est accablé de commandes, et l'Arétin bourrelé de soucis : soucis intimes, des affaires de famille; soucis politiques, car le pape échange sa médaille avec lui, et veut à toute force l'attirer dans Rome; soucis d'au-