‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 74 sur 227 · Ridolfl, le Merav, deW Arte, II · texte numérisé non relu

Ridolfl, le Merav, deW Arte, II

compère doit écrire pour ses intérêts. Et, lorsqu'il traverse la place où la mappemonde permet à chacun de suivre les routes du trafic vénitien, il peut se récréer aux accords venus des écoles de musique ; c'est là que les peintres, depuis Giorgione jusqu'à Sebastiano del Piombo, apprirent à toucher le luth en perfection; Titien peut revoir toute sa jeunesse en passant près de la casa Bellini *, ou devant son ancienne boilega de San Samuele.

L'Arélin et Titien avaient les mêmes princes pour amis, au moment de leur liaison; leur commune familiarité avec Frédéric de Gonzague, préparée, pour Titien, par la faveur d'Alphonse de Ferrarc, oncle du marquis, ne les rapprocha pas moins que la bienveillance marquée dont le doge Andréa Gritti les honora l'un et l'autre, de prime abord. Sansovino trouva le môme accueil auprès du doge, et l'on peut dire qu'avant môme d'être fondé entre les trois « compères », le fameux triumvirat semblait être préparé au Palais Ducal *.

Leurs goûts, en art comme en , littérature, les portaient à mériter ce reproche, que Vasari a fait à Titien, de « mépriser l'antique ». Toute leur admiration allait à la production libre et facile. Les « anticaglie » leur plaisaient comme bibelots d'atelier, pas autrement. L'Arétin s'était éloigné de Rome ; Titien avait refusa à Pielro Bembo d'entrer au ser-

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