Crowc, I, iO-il, et Sansovino, Venelia descr,, p
2. Cicogna, Vita di Sansovino^ Iscriz. venete, IV, 2Ï. — Vasari, VII. — Temanza, Vila del Sansov.
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l'esprit de l'époque. 133
vice de Léon X *. Il n*est pas jusqu'à cet esprit, retors et courtisan, de rArétin,que Ton ne retrouve dans les lettres de Titien : écrites, comme par prédestination, dans ce dialecte vénitien qui amollit tout ce qu'il exprime, elles sont d'une révérence obséquieuse envers les grands * ; qui a lu celles de Raphaël sentira bien la différence du style et de l'accent. Enfin, quoiqu'on ait voulu présenter Titien comme un exemplaire de sobriété, il n'est pas sûr que la fièvre quarte de l'Arétin, et celle qui s'implantait aussi dans le corps robuste du Cadorin, ne vinssent pas des mêmes causes '.
L'artiste et le littérateur ne furent pas seuls responsables des excessives habiletés et des manquements à la probité stricte, que l'on trouve dans leur conduite ; leurs patrons, de Charles-Quint à Frédéric II de Gonzague, nourris dans la plus profonde dissimulation et dans une corruption savante, leur donnaient l'exemple de plus d'un vice moral. Si l'Arétin a mal respecté sa plume, si Titien a peint d'un pinceau trop superficiel et rapide, ils y étaient encouragés par les désirs, ou bien souvent contraints par les ordres des princes. Et dans ce xvi" siècle, les bienfaiteurs étaient en môme temps des maîtres absolus, impérieux.
Il ne semble pas, en somme, aussi « étrange » qu'on veut le dire, de voir Titien, comme les autres