‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 76 sur 227 · Growe, I · texte numérisé non relu

Growe, I

artistes (et plus encore que les autres) se lier intimement avec l'Arc^tin * : il faut seulement, pour le comprendre, étudier de près la nature de ces hommes, les voir tels qu'ils sont, courtisans avides de la fortune et du succès, et ne se point former d'eux une image convenue. Il est des maîtres qui savent vivre à Técart de la réclame et sans lappui du libelliste; et Ton nommera Michel-Ange, et môme Tintoret. Mais, qui cherche à plaire au public, à prendre action sur le public, doit se servir des publicistes et ménager la publicité. Celui qui, selon Velasquez, « portait la bannière des peintres à Venise » •, avait besoin que Ton chantât et que l'on arrangeât sa gloire ; il fallait une pompe théâtrale, un bruit organisé avec adresse autour de ces œuvres à effet, que les princes commandaient « lagrimose piii che si puo ' » et qu'on faisait en conséquence.

Titien apparaît dans les Lettres, par une recommandation que l'Arétin adresse au marquis de Mantoue; c'est en 1527,1a place de l'Arétin s'est faite à Venise : non point encore aussi large qu'elle sera bientôt ; mais enfln, après plusieurs mois d'heureuses intrigues, ce n'était plus l'incertitude cruelle des tout premiers débuts. Pour Titien, il avait achevé de se hausser, après des efforts lents et complexes, jusqu'à la pleine lumière du succès et de la fortune.

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