‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 80 sur 227 · Lett., I · texte numérisé non relu

Lett., I

<l échange; il les donnait à qui pouvait les payer en présents, il se faisait une clientèle illustre par d'illustres largesses. « La médaille, seigneur, écrivait-il au comlc Massimiano Stampa, où se trouvait sculptée par la main de Luigi Anichini * 1 effigie de Mars, n allait pas bien sans laccompagnement des ferrets fie cristal d'Orient, qu'avec un pur miroir de la même matière, et un tableau de la main de Titien l'admirable, je vous mande par Rosello Roselli mon parent. » L'Anichini, graveur en pierres fines par droit de naissance, avait « une subtilité dans la matière d'intailler, et une finesse, qui ont fait monter ses ouvrages au rang des merveilles » ».

Pour Titien, il fut fait sur son tableau un commentaire d'enthousiasme. « Vous ne devez point priser le don, mais l'artifice qui le rend précieux; regardez la morbidezze de ces cheveux entrebouclés, et la charmante jeunesse de Saint Jean ; regardez les chairs, si bien colorées, qu'en leur fraîcheur elles semblent de la neige où du vermillon serait épandu, et que viendrait émouvoir le pouls des artères et réchauffer les esprits de vie. Du cramoisi du vêtement, et de la fourrure de la doublure, je ne parle point; car, au vrai, c'est le cramoisi réel et la véritable fourrure qui sont peints là tout au vif; et l'agneau qu'il tient en ses bras a fait bêler une brebis à le voir, tant il est naturel. Mais, quand bien même

1. De Ferrare, graveur en pierres Unes, d'une lignée d'artistes du même métier.

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