‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 82 sur 227 · Gaye, Carleggio, II, 213, note · texte numérisé non relu

Gaye, Carleggio, II, 213, note

qu'Andréa Gritti ait fait faire alors par le Buonarrôti le plan du Rialto. Puis, Michel-Ange regagna Florence déchirée et croulante : il Taimait, il souffrit pour elle, qui luttait désespérément, il la fortifiait, de son art et de sa fortune; il vivait, enfin, sa vie de génie héroïque, tandis que « Titien sans relâche travaillait à peindre les seigneurs et les femmes nues * «. Michel- Ange, encore une fois, est le dernier de la grande race : c'est un lecteur de Dante, auprès de ces lecteurs de l'Arioste.

Les événements qui agitent Tltalie n'émeuvent ni Venise « immobile en son astuce féline * », ni ces Vénitiens, TArétin et ses amis. Recommander un médailleur au duc d'Urbin ', ou présenter au duc de Mantoue les nouveautés de Murano, voilà le fait d'un « homme libre » de préjugés et de patrie.

« L'isle de Mouran, où se font beaux vassaux de vère, qui sont portez par tous païs », comme dit un vieux plan français de Venise, venait de s'enrichir d'un nouveau, d'un merveilleux modèle. L'Arétin faisait parvenir à ses amis, par pleines cassettes, ces beaux « vaisseaux ». On avait profité du séjour que Jean d'Udine faisait à Venise : tandis qu'il décorait le palais Grimani pour son protecteur le patriarche d'Aquilée, et qu'il y répandait à profusion ces grottesche dont Raphaël et son école avaient emprunté

i. Crowe, I, 214. Voir Michelagnolo ciUadino : Nuova Anlologia, XXI, II.

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