‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 83 sur 227 · JEAN D'UDINE · texte numérisé non relu

JEAN D'UDINE

le secret aux deux antiquités, Domenico Bellorini \ maître des verreries, avait eu cette pensée, bien digne de la Renaissance, que les arabesques du peintre orneraient à miracle les ouvrages de ses verreries ; l'Are tin, qui connaissait de longue date Raphaël et ses élèves, se chargea de vanter les modèles de Murano, et d'en répandre le succès. Il n'attendit pas. comme l'ont cru les historiens qui s'en tenaient au recueil de Bottari, l'année 1541, pour célébrer les fragiles trésors éclos au bout de la baguette des souffleurs, et décorés sous l'inspiration du maître vénète. Dès l'an 1331, il était en campagne, et il les vantait : « La cassette est pleine de vases de verre : vous y verrez les dessins imités d'après l'antique par Jean d'Udine * ; nouveauté qui a tellement plu aux patrons des fours à verreries de la sérénissime République, qu'ils nomment arèlins certains objets divers que je leur ai fait faire. Monseigneur de Vasona, maître de la maison du Pape, en a porté d'ici à Rome pour Sa Sainteté, laquelle, suivant l'avis que je reçois, leur a fait grand'fête; et je m'en étonne, car je pensais qu'à la cour c'était l'or que l'on regardait, et non point le verre '. »

En septembre 1541, Jean d'Udine passait encore par Venise, et venait au palais BoUani pour voir l'Arétin ; il ne le trouvait point chez lui. Il laissait un

1. De la famille des Ballarini, Belloroni, ou Bellorini, rivale de la dynastie des Beroviero. (Cf. V. Lazari, et Yriarte, Venise^ p. 212 et suiv.)

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