‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 85 sur 227 · îbid · texte numérisé non relu

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fier de cette lettre, et de Tinvitation. « De ce que je n'ai point, répondait-il, un vase d'émeraude semblable à celui dans lequel Alexandre le Grand déposa Toeuvre d'Homère, quand M. Jacopo Nardi, homme vénérable par Tâge et par la science, m'a remis votre très précieuse lettre, j'ai soupiré : sa valeur est si grande et mon pouvoir si mince! Et, n'ayant pas de place plus noble, après l'avoir lue avec respect, je l'ai placée en cérémonie dans le sacré privilège que je dois à la bonté de l'Empereur Charles; lequel je garde en une des coupes d'or que la courtoisie de l'immortel Antooio da Leva m'a données jadis. Mais, attendu que c'est péché d'avoir employé à me répondre un temps si cher et si illustre, je dis que c'était trop de faveur pour moi que vous ayez consenti à accepter la lettre que je vous écrivis, non point pour vous conseiller sur votre peinture du Jugement^ mais pour vous montrer qu'on ne saurait imaginer rien qui ne soit au-dessous de votre ouvrage. Assurément, vous êtes un être divin, el, pour cette raison, il faut, à qui parle de vous, des paroles surhumaines, s'il ne veut prouver son ignorance, ou mentir en parlant bassement. J'ai reçu comme un don singulièrement précieux la licence que vous me donnez, de vous écrire un peu de ce que vous savez, de la manière que je sais; pour que vous voyiez le commencement, voici que je vous envoie le volume * où, pour me faire honneur de

i. Des lettres écrites à TArétin.

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votre nom glorieux, je me suis en plusieurs endroits prévalu de lui. Mais la dévotion que je vous porte ne devrait-elle pas obtenir du prince de la sculpture et de la peinture un morceau de ces cartons que vous finissez par mettre au feu, à cette fin que je m'en réjouisse durant ma vie, et qu'à la mort je remporte au sépulcre avec moi? Je sais que Taudace d'une telle demande ne causera pas Tindignation de Tami que je prie, et parce qu'il est de noble sang, et parce qu'il ne voudra point faire mentir les offres qu'il m'a faites de lui, et de tout ce qui est à lui *. » Quatre ans plus tard, pour recommander à Paul Manuce les dialogues de Speroni, c'est à Michel- Ange en même temps qu'à Titien qu'il empruntait ses comparaisons '. Les faibles imitations d'un Speroni, que l'étrangeté de certains sujets n'arrive guère à rendre intéressantes ', étaient mal dignes d'une telle admiration. User, pour ces œuvres bâtardes, des beaux caractères aldins « pareils aux perles », c'était quelque peu sacrilège. Mais aussi, Speroni était « un frère » *.

Après avoir comparé Michel-Ange à Dieu, il était naturel de le mettre au-dessus de César. « Si César n'était point en gloire ce qu'il est en pouvoir, je mettrais l'allégresse que mon cœur a sentie lorsque le Cellino m'a écrit que mes salutations vous ont été

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