LEONE LEONI
être plus audacieux que lui, sans aucun scrupule d'aucune sorte, bandit, affronteur; mieux encore : galérien. Avec cela, sculpteur impérial, et fondateur d'une dynastie artistique ; aussi prompt du stylet que de Tébauchoir et du burin, assassin et médailleur de premier ordre. « Vous ne seriez ni d'Arezzo, ni un homme de talent, mon fils, lui écrivait r Are tin, si vous n'aviez l'humeur fantasque. » Le personnage abusa des deux privilèges. Comme les Mémoires de Cellini, sa vie montre que tout était permis à ces nomades du génie; prime-sautiers et fougueux dans leurs caprices, autant et plus que les protecteurs qui les employaient, ils perdaient vingt fois la faveur, et la regagnaient aussi vite, en présentant à l'amateur princier une de leurs merveilles, bouton ciselé, calice niellé, fermait de chape ou buire d'or.
Leoni s'était fixé à Venise, avec sa femme et son jeune fils. Il avait formé déjà son talent, à l'école excellente de l'orfèvrerie et de la gravure en médailles. « Pauvre dans sa jeunesse, il s'appliquait à se faire un nom *. » Titien le protégeait, l'aidait môme, diton, de sa bourse. L'Arétin le poussait, de toute son influence : ils étaient de la môme ville et parents quelque peu. Il écrivait des lettres pour prôner Leoni, il le recommandait à ses amis. « Je m'eflbrce de vous faire honneur », disait le médailleur en s'excusant de certains retards. Il avait été à Padoue,