‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 92 sur 227 · Cadorin, cité par Eug. Pion, p · texte numérisé non relu

Cadorin, cité par Eug. Pion, p

il travaillait à la médaille de monseigneur Bembo. Mais là, il rencontra Cellini *. C'était la foudre et le feu. Leoni , jaloux comme un artiste , emporté comme un fils d'Arezzo, écrivit une diatribe fulminante, cria de rage que Ion eût payé Cellini mieux que lui, et pourquoi? pour une maquette! Leoni voulait rompre tout, ne pas même montrer son ouvrage au cardinal. L' Arélin tenta de le calmer, en lui assurant qu'il aurait sa part des mômes bienfaits et qu'il était admiré par Sansovino, par Titien. « Gardez , disait-il , la colère pour quand besoin sera •. » Le 8 mai de celte année 1537, Benvenuto, se rendant en France par les Grisons et par la Suisse, passait les cols del'EngadinCjle Bernina etTAlbula. La lettre de l'Arélin est du 25 mai. Il savait qu'avec les Leoni il importait de se hûter. A la fin de Tannée, l'artiste était à Rome '.

Si Titien servait à aider les artistes, quand s'3n compère les patronnait, les Marcolini, les Paul Manuce , ces admirables successeurs de l'âge héroïque où l'imprimerie rendait Venise plus illustre, devaient accueillir les gens de lettres, sur la recommandation

i. Voir Cellini, Mémoires, et Eug. Pion, Benvenuto Celliniy 1 vol. in4, 111., Paris, 1883, p. 329.

2. Lett., I, 103-104. — Voir une lettre de Bembo à TArétin, Lett. scritte à TAr., I, 294.

3. Cf. Eug. Mûntz, V Atelier monétaire à Rome, Paris, 1884, p. 41. En 1538, Leoni est graveur de monnaies du Pape. — Voir dans le livre de M. Pion le récit d'une querelle qu'il avait eue avec Cellini, analogue à celle de Benvenuto lui-même et de Baccio Bandinelli à la cour de Toscane. La scène se passait — et quelle scène! — «en pleine chambre apostolique >».

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