‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 93 sur 227 · SEBASTIANO DEL PIOMBO · texte numérisé non relu

SEBASTIANO DEL PIOMBO

de TArélin. Les écrivains qui consentaient à augmenter sa clientèle, comme Nardi, comme Speroni, allaient porter aux éditeurs, pour prix de leur déférence, une lettre où leurs opuscules étaient vantés comme ayant a aplani les monts de l'Impossible ». Et reloge, après avoir été par-dessus les monts, allait aussi par-dessus les toits et les dômes, puisque TArétin égalait l'ouvrage « au Panthéon de Rome, seul parangon et parfait exemple de tout ce que peut faire rarchitecture.... Cette œuvre en a la simplicité mesurée dans sa très difficile composition *. »

Jules Romain, « gloire des beaux esprits », ne faisait que passer à Venise. Sebastiano del Piombo était retourné à Rome, mais, de loin comme de près, TArétin appréciait « le grand don d'être son ami, compère et frère * ». L'office du Piombo ^ qui valait le titre de frate et l'avantage plus solide de huit cents écus de pension, Sebastiano di Luciano l'avait soufflé à Benvenuto Cellini; les mémoires de l'orfèvre témoignent de la rage qu'il éprouva lorsqu'il se vit évincé : « Si je le donnais cet emploi, me répondit le pape, tu te frotterais le ventre, ton beau talent s'irait perdant, et l'on me blâmerait ». Je lui ripostai vivement : « Les chats de bonne race chassent mieux les souris quand ils sont nourris grassement, que lorsqu'ils sont affamés; de môme, les gens de bien et de talent travaillent mieux quand ils sont dans l'abondance ; que Votre Sainteté le sache,

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