‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 95 sur 227 · LE TRIBOLO · texte numérisé non relu

LE TRIBOLO

« oggctta dans laquelle s*assemblent, dit une topographie du temps, les excellents seigneurs procurateurs, à leur tribunal, durant le grand Conseil, ayant pour garde et pour défense une partie de la maîtrise de l'Arsenal ».

Autour du triumvirat se formait une véritable académie. Sansovino faisait connaître, à ses amis, les élèves de son atelier. Après mainte étape, et plus d'un déboire, un des meilleurs était venu se réfugier à Venise : c'était le sculpteur Niccolà di Riccio de' Pericoli, que l'on surnommait Tribolo; celui-là même qui a sculpté tant de gracieuses fontaines sur les places de son pays. Cette bonne langue de Cellini donne aux surnoms de l'artiste les origines les plus désobligeantes, sa couardise tout ensemble et sa turbulence. Ce Panurge de la sculpture, qui tenait de son père Raflaello une situation incertaine et l'horreur naturelle des coups, s'était fait connaître par ses beaux travaux de Bologne *. L'Arétin l'exploita : « Messire Sébastien l'architecte *, avec le plaisir du grand divertissement que je trouve et des médiocres connaissances que j'ai dans la sculpture, m'a fait voir, par ses paroles, avec quelle aisance les plis ornent le manteau de la Vierge que votre génie, mû par votre volonté, élabore pour moi. Il m'a dit encore combien languissamment tombent les membres du Christ que vous avez posé mort sur

1. Vasari, VI, 55-59. — Perkins, les Sculpteurs italiens, 1, 459465.

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