‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 96 sur 227 · Serlio. — Le Tribolo était aussi grand ami de Vasari · texte numérisé non relu

Serlio. — Le Tribolo était aussi grand ami de Vasari

le giron de sa mère, avec rattiludc de Tari; si bien que j'ai vu rafflicUon de la mère et la misère du fils, avant d'avoir vu voire œuvre. Mais voici, tandis qu'il me racontait le miracle qui naquit du ciseau de votre industrie, qu'arrive l'auteur de ce Saint Pierre marUjr dont la vue a changé vous-môme et Benvenuto en images de l'élonnement *. » Il y avait alors sept ans que Titien, sous Tinfluence de Tècole michelangesque, avait terminé le Saint Pierre mar^ tyr, qui fut brûlé en 18G7; scène d'action vive, emphatique, où les fonds étaient faits par le gros arbre du jardin de Biri (irande.

Titien, en effet, après la mort de sa femme, avait quitté le quartier trop central de San Samuele et cette maison attristée, pour s'établir tout à l'extrémité des faubourgs, dans le nord de Venise; il voulait, et il rencontra, de l'espace, des arbres, le silence et les horizons libres. Celui que la peste seule put abattre, après quatre-vingt-dix-neuf années de vie, et coucher triomphalement, à Santa Maria Gloriosa dei Frari, son collier de Saint-Jacques au col, dans son manteau de comte palatin, grand officier de l'empire, le chevalier Titien réservait à son art la solitude et la paix des lointaines lagunes. On sait la place, on sait encore le numéro de sa demeure; mais tout a changé; les bâtisses ont rétréci la vue, les arbres sont tombés sous la pioche, la lagune s'est retirée. Au xvi" siècle, Titien vovait devant lui Mu-

i. LetL, I, ili'iT2. Benvenuto Cellini avait en effet passé par Venise.

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