LE SOUPIR
Chanson plaintive.
Va, mon soupir, tu sais où je t’envoie; Suis donc ta voie Et cours sans louvoyer :
Va caresser la robe fine et blanche Que le dimanche Elle aime à déployer.
En arrivant, si tu la vois qui mange, De son orange Apporte moi l’odeur!
Si tu la vois endormie en sa couche,
Oh ! dans sa bouche, Exhale-lui mon cœur!
Le plus souvent , c’est une simple idée qui vient au poète populaire : il la rend aussi nettement que possible , en une strophe ou deux qu’il n’a jamais l’air de chercher. On connaît en France la Capuana , ravissante petite chose traduite par M. Alexandre Dumas. Le traducteur nous permettra bien de le citer, lui qui cite si souvent les autres.
LA POÉSIE POPULAIRE
. LA CAPOUANE.
En me promenant ce soir au rivage Où pendant une heure à vous j’ai rêvé,
J’ai laissé tomber mon cœur sur la plage :
Vous veniez après, vous l’avez trouvé.
Dites-moi comment finir cette affaire :
Les procès sont longs, les juges vendus;
Je perdrai ma cause, et pourtant, que faire?
Vous avez deux cœurs, et je n’en ai plus.
Mais quand on s’entend, bientôt on s’arrange,
Et souvent le mal nous conduit au bien ;
De nos cœurs entre eux faisons un échange :
Donnez-moi le vôtre et gardez le mien!
En voici une autre dans le même style : je traduis dorénavant en prose, pour côtoyer de plus près l’original.