‹ L'Italie estelle La terre des morts?Chapitre 2 sur 38 · Dante · texte numérisé non relu

Dante

Réjouit la colère — et tu donnas Ses aïeux et ta langue au doux poète '

Qui sut, ornant du voile le plus chaste L’amour nu dans la Grèce et nu dans Rome,

Le rendre au sein de la Vénus céleste. *

Mais plus heureuse encor d’avoir un temple Où tu sauves les gloires d’Italie,

Peut-être uniques, depuis que nos monts Mal gardés et l’inconstante omnipotence Des fortunes humaines t’ont ravi Armes, trésors, autels — et la patrie,

Et tout enfin, hors la mémoire, tout!

Ah! qu’aux esprits vaillants, qu'à l'Italie Rayonne encore un beau rêve de gloire :

De ces tombeaux nous prendrons les auspices!

Alfieri vint souvent s’en inspirer,

Quand naguère, irrité contre les dieux De sa patrie*, errant, muet, au bord Le plus désert du fleuve, il contemplait Les champs, les cieux d’un œil avide, — et nul Vivant aspect ne calmant son angoisse,

Là se posait l’Austère, ayant au front La pâleur de la mort, et l’espérance!

Parmi ces grands il habite éternel Et dans ses os frémit encor l’amour De la patrie ! — O paix religieuse,

D’où parle un dieu ! C’est elle qui nourrit Contre la Perse, à Marathon qu’Athènes *

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