GENEVE
Je crains d'être injuste envers Genève, que je n'ai vue que pendant trois jours et sous l'influence dun gros rhume. Je ne sais si j'avais encore le bruit de Paris dans Foreille, ou si le mirage de l'Italie prochaine nraveuglait, mais ces trois jours passés dans la patrie de Calvin mont fait l'effet d'un long dimanche, et d'un dimanche de Londres. Peu de voitures dans les rues, nul spectacle ; le musée était fermé, je ne sais pour quelle raison, et la bibliothèque était en vacances ! Une séance au café-théàtre du faubourg de . Carrouge et une représentation de chiens savants ont été mes plus vives distractions pendant ces trois jours. Le reste du temps n'a été qu'une lutte avec la mélancolie. Peut-être entrait-il dans cette disposition desprit un peu de déception. Non pas que je me fusse figuré Genève comme l'imaginait, par exemple, Théophile Gautier, sous la forme d'une montre montée sur pilotis de rubis. Je savais que j'allais voir une ville située au bord d'un lac. Seulement, les livres où je