‹ L'Italie (volume 3)Chapitre 35 sur 41 · AOSTE, ARONA, SIMPLON · texte numérisé non relu

AOSTE, ARONA, SIMPLON

tour leur cime ; 1 une s'abaisse , tandis que l autre se relève ; puis soudain toute la forêt venant à se courber à la fois, on découvre, ou le butor doré, ouïe héron blanc, qui se tient immobile sur une longue patte comme un pieu » .

Le pays change ensuite ; de beaux pâturages remplacent les marais ; des vignes soutenues par de petits murs, s’élèvent en terrasses , les unes au-dessus des autres , et tapissent le bas des montagnes tournées ves le midi ; sur celles opposées au nord, des champs se mêlent à la verdure des bois et des prairies.

Mais la nuit approche , et nous surprend encore occupés à nos intéressantes explorations. Heureusement le faite des édifices de la ville d’ Arona se dessine dans le lointain , et nous aurons atteint les portes de la ville avant que la nuit soit close. A demain notre visite à la patrie de Charles Borromée.

La ville a disparu sous le poids de la réputation du saint qu elle a vu naître. Les voyageurs n’ont de curiosité que pour la colline, d’où la statue de saint Charles est visible à une distance de plusieurs milles , et négligent honteusement les belles peintures de l’église de la ville. Ces tableaux sont l’ouvrage de Gaudenzio Vinci, excellent artiste, que son redoutable homonyme, Léonard, a fait à peu près oublier. Au reste, il faut convenir qu’à l’exception peut-être de ces peintures , Arona n’offre rien de curieux à voir. Il faut donc imiter le commun dès touristes , et aller visiter aussi la statue du saint. En habiles cicérone , nous devrions ici faire l’histoire de ce pieux archevêque ; mais, pour peu que le lecteur ait lu ce que nous avons écrit sur Milan, nous lui rappellerons que nous avons esquissé dans cette ville la biographie de saint Charles Borromée.

Nous voici parvenus à la colline d’Arona, et en face de l’énorme statue qu elle supporte (PI. 285).

La tête , les pieds et les mains sont en fonte ; tout le reste est forgé ; l’expression de la physionomie est douce et mélancolique, l’attitude simple et belle, et les proportions si justes , que l’on ne s’aperçoit des dimensions gigantesques de cette figure qu’en la comparant à d’autres objets , aux curieux , par exemple , qui s’en approchent , et dont la petitesse forme le plus singulier contraste avec elle. Au moyen d’un massif en maçonnerie qui occupe l’intérieur de la statue , on monte sans grande difficulté jusque dans la tête , où l’on peut se donner le plaisir d’ouïr par les oreilles du saint, de respirer par ses narines, et de voir à travers la prunelle de ses yeux comme si c’était une fenêtre.

Les environs du lac Majeur, au bord duquel Arona est située , présentent de rians tableaux. Les montagnes qui dominent le lac n’offrent point ces formes rudes, ces déchiremens que l’orx contemple au sein des Alpes. Ici ,1e châtaignier, le pâle olivier, la vigne qui s’arrondit en berceaux , couvrent les collines , et les embellissent par le contraste de différentes teintes de verdure : plusieurs petites villes , une foule de villages éclatans de blancheur, des édifices remarquables parla légèreté de leurs toits , l’élégance et la variété de leur construction , décorent les bords du lac. A celui qui les parcourt au travers des montagnes , le commencement de chaque journée oflre un spectacle enchanteur. Peu à peu les objets prennent des formes et des couleurs; les nuages grisâtres qui flottaient dans lescieux se colorent dune teinte brillante, et font ressortir la blancheur des glaciers , tandis que quelques rayons lancés comme des flèches dans les gorges des monta-

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