‹ L'Italie (volume 4)Chapitre 22 sur 39 · POUZZOLES, BAIA, ETC · texte numérisé non relu

POUZZOLES, BAIA, ETC

inonde, par les 'singularités naturelles de son sol , par les chefs-d'œuvre de l'art qui l'ont couvert si long-temps , et que les phénomènes de la nature ont enfouis. Il semhie que les eaux, le feu, les hommes^ l'art et lanature se soient disputé l'empire de ce petit [coin de la terre, l'ayant alternativement occupé, dévasté, embelli, bouleversé, sans rien changer en lui que la manière d'être beau ,' et qu'ils n'aient fait qu'ajouter à Tintérét.de sa curiosité. Cet admirable canton , habité alternativement par le peuple le plus savant et le plus industrieux , ensuite par te plus riche en même temps que le plus puissant, renversé par des! tremblemens de terre et englouti sous les cendres des volcans, est. devenu et sera, toujours le laboratoire dès physiciens, et le mé* dailler des historiens.

Les Romains ,'xraignant que . Pouzzoles ne tombât au pouvoir d'Annibal, y envoyèrent une colonie sous le commandement de .Q.. Fabius, qui, craignant de manquer d'eau, y fit creuser une multitude de puits , et son nom de Dicearchia fut changé en celui de Puteolana. Tacite la nomme Golonia Augnsta rferonia, et une inscription trouvée sur le môle' lui donne encore le nom de Golonia Flavia , en l'honneur de Vespasien , pour qui elle se déclara, et qui l'en récompensa. C'est à Pouzzoles que Sylla vint mourir, après avoir abdiqué.

Les incursions des barbares, les tremblemens de terre, et surtout la dernière éruption de la Solfatara , ont contribué à ruiner cette ville. Dans le mois d'août 1695, des pluies extraordinaires tombèrent avec assez d'abondance pour fortement endommager la ville 9 et entre autres l'aquéduc qui y

apportait les eaux. Dans quelques en- geàmes d'excellentes but très du Fusaro, droits la terre s'entr'ouvrit sans qu'il meilleures là que sur les lieux, parce

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y eut tremblement de terre, et découvrit une ancienne voie pavée.en larges pierres. Le vice-roi , Pierre de Toledo, ordonna de réparer plusieurs de ces dégâts, et, pour rassurer les habitans effrayés , fit bâtir pour lui-même un palais, devenu aujourd'hui ,une caserne. • , :

i Sur la place .(PI. 5i) du marché sont deux statues en regard, dont l'une, qui passé pour celle.de saint Janvier, est la statue de saint Martin de Léon , évéque de Pouzzoles en i65o ; elle semble ; donner, la bénédiction à l'autre, qu'une fastueuse inscription m'apprend être d'Ëgnatius ; LoUius , préteur , et Augure, personnage qui m'est aussi étranger.que ces deux figures le sont l'une à l'autre. Cette dernière est d'un assez beau style.

. Je . me ■ serais, rendu ^ avec plus de plaisir, je l'avoue , à notre auberge que vers, le ; port, .où laduchesse voulait à toute force m'entratner pour se venger de l'abandon dans lequel nous l'avions laissée. Puisque des antiquités l'ont emporté sur. moi, nous .dit-elle, la vue d'un port, qui long-temps a passé pour le premier de l'Italie, peut bien vous faire retarder de quelques instans votre repas.

, Nous n'y descendîmes cependant pas^ et nous nous arrêtâmes à une petite place où je vis un piédestal en marbre blanc, orné de quatorze figures en bas -reliefs, personnifiant quatorze villes de l' Asie-Mineure renversées par un tremblement de terre, et rebâ« , ties par Tibère; puis, avec un sourire malin, la duchesse me dit qu'elle se bornerait à cette vengeance.

Notre dtner fut court; les auberges des environs de Naples ne sont pas renommées pour leur cuisine. Nous man-

tM LTTALIE*

qu'elles arrivê&t h f^otlKCoIeë arrogées de quée , fit compoëent de treise gros pirèiiUrlela me ^ elqué^ ttiAogéei sur le liera et de plusieuri arcbea^ reste de lae métûe, elles sont tt*dp douces* Ces vîngt^cioq. Le due^ fort dérautdrité hutires, autreltieAt faites que eelles de Suétone, me demaDda *i je lue aou*. que nous eonfiaisâôns k Paris , ont une renais de son récit i Tahbé rOua fêtait

cette citation en latin, me dit^fl en riant , moi je rais vous la faire en lan« gue moJeme , en ajoutant k Suétone ce que d'autres auteurs noya ont transmis^

• Le nom de pont de GaTi^la , qui est resté, a pour origine le spéetscle eitraragant que cet empereur a donné

fbrme li irfégulière , qu'à la première vue on eéi teuté de lei prendre pour de petits fnigmeûs de rochers ) elles sont engraissées dans une eau à dami salée , rldut la pêche appartient au roi^ qui Tatlerme et en retire un lucre con^ sidéntble.

Pou22otes abonde etl toutes aortes de fruiti, et approvisionne Ifaples ètl dans la pompe d'un triomphe où il

primeurs

Noue toulumes visiter la catbédral^ ; c'était un dimanche; nous la troutâmés ouverte; elle est bâtie sut* lés ruities d'un temple dédié h Auguste, et tout entier en marbre , ainsi qU'on lelitsuf le fronton ; il y avait autrefois des colonnes corinthiennes doiit II reste des fragmens du cAté delà cour ; elles sou** tiennent UUe architrave bieU tra-* vaillée.

Tout le long de la route, nous avions remarqué Aeê restes liombi'eux de coU'' struelions antiques, des tronçons de colonnes et des débris d'inscriptions.

En continuant une trentaine de pas au delà de l'édiGce appelé Sedtlë de là noblesse^ jx6M vîmes quati'e marbres de trois pieds carrés avec des inscrip* tiens arabes gravées en relief; il eit probable qu'elles fecouvraîent des tombeaux; elles portent différentes dates, depuis tâôo jusqu'en 1600.

Eu descendant de la cathédrale, nou^ nous trouvâmes suf le rivage.

sefiibla Vouloir surpasser la démenœ de Xercès, et célébrer des victirires imaginaires contre les Parlhea, les Daces et les Bretonë.

s A cet efiet, il flt construire un post de plus d'une lieue de long« Ce pont s'attachait à l'extrémité des piles et traversait cette partie du golfe jusqu'à Bâta:

* Il était impoësible de bâtir dans les profondeurs delà m^, sur une ligne de a,8i8 toisea. 11 fallut donc réunir un grand nombre de vaisseaujir, et même en construire de nouveaux qui , retenus par des ancres et atta<Sbés avoe deé chaînes, pussent permettre d'établir dessus une route bordée de parapetai

» La suspension des transports par mer occasiona une famine gâiérsdë M Italie, et plus particulièrement à Home; mais pour Callgula, le» hoi»

reurs d'une calamiténe pouvaie&t qu'a* jouter à Téclat de son triomphe* La pompe dura deux jours*

» Le premier, Tempereur, revêtu do

proche du môle , Restauré à la moderne , la chlatayde, armé dei epée d'Aleibaudre

et où quelques misérables barques ont le Grand, et le front orné d'unecouronna

remplacé cette multitude de naTÎres de chêne , traversa le golfe à cbcrml ; le

étrangers- qui venaient trafiquer k jour suivant il revint de Baïa sur via

Pou£zoles ; nous nous dirigeâmes ver» quadrige, traînant à son char le )eQn«

lélieu dïipontde Caligula. Ces ruines, Darius^ fils d'Artabane ^ donné en

aujet d'uue contrcrvefso assea eompU* otage par les Partfaea ; ei| pôuf tpm ca

POUZZOLES

tfion&pbé frit tomplëtenieiit ridicule , il etitra daiié Pouszoles comme un conque^ rant dans uoë irlUeMD6rliie prli« dW siiiit Cette fiompe^ pcécédéede^acriBcefl ofi^tà âiiH Dieux , «t pàf tieulièremenl à rSntie, pour leê eooioler de M gloire « fulsairiëd'unetiuit^ pendant laquelle un fn^Bhà nombfë de fëuk Jbrlllèrettt »uf^ toufeleê pointé du golfe,«t semblèrent 8«* couder la puiasànce du trloriipbateur^ en thaêeitit les téflèlires, et eu réunissiint pouf àltiêi dire deUi jOttfs en uH êeuL

« L'espèl^e d'embm^elitént de lA èôte de Baia^ le tablèeu magique d'un baAdii Iftiflieilsé, IHhêtofmé en Une i>laine de feu sillonnée pâi" des milliers de bâ^{Uès et de flàmbeaui , le mou? e^ ihent tumUl tuent d'une ai*mée sur le p6nt triomphal et iUi* la pldge^ Tait têtentiÉsaûl de t6Ute part du idft de* instfumens guefrlerà , n'étaient pas Un àpectacle Suffisant pour la ghtre de Galigula. A la èuUe d'un festin somptueux , où il s'abàfldônna à la plus dégoûtante Ivresse, Il fit précipiter dans la ïUei* ies amis, ainsi que lès magistrats investis des premières dignités de Vèrapire, et prononça l'ârrét de mott des citoyens roinalnK dont les richesseë pouvaient payer les frais de son épouvantable triompbe. *

Le Yrai motif de Caligula aValt été révâé par ses courtisans intimes :

c'était nne prédiction de l'asttiïlogue Thraslle, qui, voyant Tibère inquiet sur son êuccésseui*, à dause du pen« ebant qu'il avait pour son petit-fils té^ ritable, lui avait assuré que Caïus ne serait pué plus empereur qu'on ne le Terrait courir à dbeval à travers lé golfe de Bafa.

Une inseriptien, trouvée dans la ttef , et placée àujoutdliui âu-dessn^ de la porte de la ville, atteste que les ruines sont celles du môle qui, renversé par les eaux , fut restauré par

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Antonin , et dont Séhèqué a dit : c Aibjourd'hui les navires alexandrins ont paru. La foule se porte sûr le mdle. •

En remontant par une petite ruelle, nous nous trouvâines en face du temple de Jupiten*Sérapis ( PL 5o ) , longtemps enseveli sous les cendres voleo^ niques, et qui n'a été découvert qu'en 1750} malbeureusement il ne revit le jouf que pour être impitoyablement dépouillé de tout ce qu'il avait de plus préeieut i les seiie eolonnes qui soutenaient le coupole, les statues et les vases qu'il renfermait « ornent depuis long-temps le palais de Gaserte et le musée de Naples. Ce temple est inondé depuii le tremblement de terre de 1 538.

Son enceinte est un earré JèUg dé eent trente -quatre pieds sut" cent quinze; le temple est de forme eircUlaire ^ on reconnaît encore la place des seiie colonnes de marbre rouge dont on l'a dépouillé ; il reste à son péristyle trois des nombreuseë colonnes qui l'entouraient ; elles Éont très-élevées et en merbre cipolin.

C'est encore le monument le plus curieux que Ton ait à voir à Pouzseoles ; le pavé àinéi que les èoiibassemens étaient en marbre grec. Au centre du portique Ton voit un massif circulaire qui servait de base à un temple rond à jôuf, appelé Motioptète.

Autoui* de ee maésîf il ei^i^te en**

core deux vases de marbre, àUtrc* fois eu nombre de douté, et deux Anneaux de brbnxe fixés dans le pavé; ils servaient à attàcber les victimeê deUtlnées à être immolées. Un seul existe en entief.

Ceé magnifiques reàtes portent l'émoi preinte d'un phénomène; c'eét une multitude de petits trous renfermant Une espèce de eoqnillage que raf>bé crut reconnaître pour le Dactylustiîo^ fagué et le faladas , d'où nout eon

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clumes que leau de la mer avait autrefois recouvert ce temple. Mais pour que leau de la mer fût arrivée jusquelà, il faudrait supposer qu'une partie delà ville de Pouzzolcs aurait été submergée ; et la tradition n'en fait nulle mentioù. Mais encore, comment les eaux de la mer auraient-elles pu être si considérablement élevées sur ce point?

Dans quelle confusion d'idées de tels phénomènes laissent l'esprit! quelles preuves de mouvement et de balancement dans ôette portion du continent!

et quelle preuve encore de la nuit , de l'ignorance et de la barbarie dans lesquelles ce pays a été abandonné pendant tant de siècles, puisqu'il manque d'annales sur de si grands événemens , qui appartiennent également à Tbistoire et au naturaliste ! •

« Des murs ruinés conservent encore le plan des chambres qui entouraient cette partie du temple. Un assez grand nombre de pièces de marbre blanc sont accumulées et p!«'icées sur champ : elles sont percées d'une lunette qui en indique l'usage, pour recouvrir le siège des bains de vapeurs : elles étaient situées h chaque angle de l'édifice, c'ansdeux chambres comprises dans l'alignement du sanctuaire. Ces deux chambres , sous lesquelles passait im ruisseau d'eau thermale, renfer- ;naient un grand nombre de ces lunettes.»

« On compte trente-deux chambres autour du portique, savoir : onzede chaque côté, six à l'entrée, et quatre sur les ailes du sanctuaire r celles de droite et de gauche avaient alternativement leurs portes en dedans et en dehors du temple. Ces chambres étaient occupées par les étrangers infirmes, n . ,

Une inscription trouvée dans le temple ainsi qu'une petite statue, attestent qu'il élait dédié à Jupiter-Sé-

rapis, adoré chez les Égyptiens, et dont le culte avait été introduit à Dicearchia par ces Africains.

. c L'eau thermale à laquelle les prôlres avaient donné le nom de sacrée^ prend sa source dans la: montagne,, sui pied de laquelle le temple est situé. La science des prêtres; consistait à administrer cette eau dans les maladies dont elle pouvait triompher , : et à attribuer uniquement' à son, usage la guérison des infirmités ; ils en faisaient remonter le principal effet h la puissance de Jupiter-Sérapis,àla dévotion des malades , et à la valeur de leurs . offrandes.

» En outre , pour se plier d'autant mieuxà la confiancesuperslitieusedes malades étrangers^. Grecs, Gaulois ou Germains , le temple ; renfermait un grand nombre de . divinités exotiques ; ainsi les malades pouvaient choisir et adresser leurs prières,. et surtout leurs sacrifices , h des dieux subalternes adorés dans leurs pays..

» Enfin comme dans ce temps , de même qu'aujourd'hui , beaucoup de maladies avaient leur siège dans l'imagination, il suffisait, pour recouvrer la santé, d'avoir une vision ou une révélation en songe du dieu Sérapis. »

La nuit s'avançait; il fallait songer à un gtte, retourner à Naples c'était refaire la même route pour revenir le^ lendemain, il était beaucoup mieux de nous arranger à coucher à Pouzzoles; ce fut à ce dernier parti que nous nous arrêtâmes. Le duc écrivit quelques lignes pour obtenir du prince de Cardito un ordre de nous recevoir dans sa magnifique villa, située à mi-côte et regardant la mer.

Le lendemain nou s devions commencer par le lac Aveme \ cependant on nous indiqua un reste de ruines que quelques paysans baptisaientdu nom de maison de Cicéron; mais, comparant

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nos souyeniris et lés reportant sur Tinscription que nous^ avions lue dans le temple de Sérapis, nous en conjecturâmes que ce devait être le temple de rffonneur-pen éloigné de celui de Sérapis ,' et dont il n'était séparé que par la p^ande route; il est à' côté de celui des Nymphes ; tous deux, au surplus, n'offrent- rien: d'intéressant et parlent peu. à l'imagination.. . . »

. En portant nos yeux à droite , nous découvrions ' le mont Gauro, cité par Stace , Galien , Lucain et Juvénal , pour la bonté de ses vins. H a la forme d'un cône tronqué et n'offre à la vue que des débris volcaniques , ce qui a fait changer son nom en celui de Monte Barbaro. .D'un passage de Juvénal , on a conclu que G urnes avait été ense« velie sous ses cendres;' mais il est probable qu'on a. mal interprété la pensée du poëte.

: On a recommencé lés cidtures au pied de ce mont. .

Vis-à-vis est le Monte-Nuouo , dont j'ai parlé dans l'histoire des éruptions du Vésuve, et qui date de i538. Son circuit est de trois milles, et sa hauteur d'un tiers de mille. Sa formation fut l'ouvrage de trois jours 5 il s'éleva sur les ruines de Tripergola ; la terre s'ouvrit, des flammes, des laves, des pierres de feu s'en élancèrent; elles remplirent en partie le lac Lucrin, comblèrent le Portus Julius et l'ancien port de Pouzzoles , et détruisirent le village, dont la plupart des habitans passèrent, sans aucune transition, de la sécurité à l'anéantissement. La mer recula de plus de cent pas , et un fleuve de lave prit son cours jusque dans les eaux , y formant un rocher qu'il fallut percer pour reformer la route. Aujourd'hui le Monte-Nuovo est couvert d'arl>res. '

Kous ne nous arrêtions pas, nous N.

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arrivâmes de suite au lac Lucrin , petit, de figure irrégulière, et qui communique à la mer par un canal couvert.

Tels sont les restes du fameux lac Lucrin, chanté par les poëtes, si renommé pour ses but 1res ^ et dont Horace dit :

Non me Lacrina juverint conchylia.

HoR. , £p. Od. a.

Poar an pareil repas je donnerais cent fois Les huîtres du Locrin et la table des rois. Trad, de Dabu.

L'abbé était en train de nous parler latin, et^ sans s'arrêter, allait nous citer Martial , Juvénal, et, pour peu que nous eussions insisté, tous les auteurs qui ont parlé du lac , si la duchesse ne lui eût fait observer que le latin avait pu être une langue sublime au temps d'Auguste, mais qu'elle était aujourd'hui peu appréciée par les dames. Il en convint, et continua en langue familière l'histoire que Pline rapporte de cet enfant qui avait apprivoisé un dau< phin , habitant de ce lac, au point qu'il venait manger dans sa main , et le laissait monter sur son dos pour se transporter de Pouzzoles à Baïa , ajoutant que ce fait , après avoir excité l'étonnement delà multitude, était devenu si familier qu'on n'y prenait plus garde.

' Autrefois le lac Lucrin était réuni au lac d'Averne par une tranchée , ouvrage d'Agrippa, qui , suivant le récit de Suétone, employa vingt mille esclaves à ouvrir une communication avec la mer, et jeter les fondemens du port Jules. Cette tranchée n'existe plus.

. Le lac Aveme (PI. 62) est ovale, et présente un circuit d'une lieue et demie ; ses eaux limpides sont douces, et sa profondeur à peu près de cent cinquante toises. Aucune émanation insalubre ne s'exhale de ses eaux. Le saule et d'autres arbres bordent son contour.

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Ses bords sont émaillés de fleurs, et Btê délicieuses riTes sont peuplées de maisons de cempagoe- C'est cepepdaat da lao Aveme que Virgile fait la des* eription suivante t

.... Tnta laça nigro nemominque tenebris , Qium safCf ba^4 \(U« poteran^ ii|i|panè volmitei Tendese iter pnnis , talis sese halitas atris

Undè locuin Oratt dizeront nomine Ayernam. £i. Lib. VI , T. 337.

r. . • . Antonr , des bois affreux, Les eaiis d^an lac noirâtre en défendent la roatel De es gonffrs Infitrnal Viinpnre eshalM^in Dani r^ susdit Toiseai» fn|ppi& de son poison i £t df là a par les Gr^cs , il fat nommé rÀyerne. Tnad, tU Delilli.

Il est difficile d'ftiieorder cette des^ eription arec Taspeçt de ces lieu^ aun jourd'bui. Ea admettant que Teau éUnt venue subitement prendre la pl^ce du feu et remplacer le cratère 4'up volcanv les matières bitumineuses et sulfureuii ses I non encore détruites entièrement et mises en contact avec ce nouvel éléi ment, oceasionèrent des eicbalaisons méphitiques qui donnaient la mort à toute créature vivante, et particuliè-9 rement aux oiseaux. En outre, les bords n'étant pas aussi élevés qu'ils le sont maintenant, une grande quantité d'arbres croissaient sur les bords de reau,et s*opposaientàce queles vapeurs humides pussent s'élever et se perdre dans ^atmosphère. Baïq par ceit"^ rai* son était malsain. Agrippa en faisant abattre ces forêts assainit Tair , et ren* dit un service au pays.

Tout auprès de TAverne , nous vtmes les vestiges du canal que Néron avait entrepris de faire creuser pour aller en barque de Baïa à Ostie. Ce canal , dit Suétone , entrepris pour éviter les risques de la mer , devait avoir cent soixante milles de long, et être assez large pour que deux galères à cinq rangs de rames pussent y passer de

front } mail Ifi manque de foi^ds le foppa de Tinteprompre.

A l|i gauche du lae sont les ruines d'un temple, d'Apollon pour le vulr gaire , et de Pluton pour les iconographes q|ii réclament pour ce dieu pro^ tecteur de l'Averae les honneurs <le cette dédicace, avec d'i^utant plus de justesse que Tite*Live nous apprend qu'Annibal, arrêté à Pouxsoles avec son armée, visita le lac Aveme, et, pour attirer à son parti les habitans de ees contrées, en se conformant à leur croyance, ordonna un sacrifice à Pluton , divinité protectrice du lieu.

y estibnlnin ^te ipsum primiaqne in ÊincibiiftOrcî, Luctos et oltrices posaere cnbilia ciur«. Év. U^. Yi , V. »73.

Deyant le veitibnle , anx portes des enfers , Habitent les soucis et les regrets amers. Trad. de Dbliu.b.

Sur le bord opposé au tenaple de Pluton, au milieu d arbrisseaux touf** ftis, on découvre l'entrée d'un souterrain connu sous le nom de Grotte de la Sibylle :

Spelanca al^ fait, vastoqae immanis hi^ta

Scrupea

F aacibos effnadens sapera ad conveia fsrebat.

£«. Hb, VI , V. aie.

En an lien sombre où régne une nome tristesse, Sous d'énormes rochers , an antre ténébreux

QaTfe une bouche imtueuseL

(^'oul plonge ayec effiro^ sous sa pvofonda voûte. Ti-ad. de Dbiiuji.

« L'entrée de cette grotte, selon la description de Faujas de Saint-Fond, n'est rien moins qu'imposante les atterrissemens l'ont rendue étroite t basse, jusqu'à obliger de marcher en double ; ensuite elle s'élève et ressemble à celle de Pausilippe, sinon qn elle est moins élevée et moins large ; mais elle devait lui ressembler absolument avant c^oa eût creuse de nouveau

Lajço jdvema.

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