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POMPEI.
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elle est tarie, je puis supposer que ce n'est que momentanément. Hélas I Teau ne coulera plus , personne ne viendra au devant de moi ! Des boutiques sont ouvertes, et me rappellent les boutiques de Nnples; je parcours des maisons , j'appelle à haute voix , et la voix seule duLazzaronequi me sert de c^ide , ou bien celle d'un ami qui parle ma langue , me répond. Je suis dans une ville déserte, les tombeaux seuls possèdent leurs habitans.
« La ville de Pompeï, dit M. de Chateaubriand, située à peu près à quatorze milles au sud-est de Naples , était bâtie en partie sur une éminence qui dominait une plaine fertile, et qui s'est considérablement accrue par l'immensequantitéde matières volcaniques dont le Vésuve l'a recouverte. Les murailles de la ville et les murs de ces édifices ont retenu dans leur enceinte toutes les matières que le volcan y vomissait, et empêché les pluies de l^s emporter ; de sorte que l'étendue de ces constructions est très-distincte ment marquée par le monticule qu'ont formé l'amas des pierres ponces et l'accumulation graduelle de terres végétales qui le couvrent.
» L'éminence sur laquelle Porapeï fut bâtie doit avoir été formée à une époque très-reculée ; elle est composée de produits volcaniques vomis par le Vésuve.
» En parcourant cette cité des morts, une idée me poursuivait. A mesure que l'on déchausse quelque édifice à Pompeï, on enlève ce que donne la fouille, ustensiles de ménage, instrumens de divers métiers , meubles , statues, manuscrits, etc. , et Ion entasse le tout au Musée Portici, Il y aurait , selon moi , quelque chose de mieux à faire : ce serait de laisser les choses dans l'endroit où on les trouve TH.
et comme on les trouve , de remettre des toits , des plafonds , des planchers et des fenêtres , pour empêcher la dégradation des peintures et des murs; de relever l'ancienne enceinte de la ville, d'enclore les portes, enfin d'y établir une garde de soldats avec quelques savans versés dans les arts. Ne serait-ce pas là le plus merveilleux Musée de la terre ? Une ville romaine conservée tout entière, comme si ses habitans venaient d'en sortir un quart d'heure auparavant. »
La reine Caroline Murât avait eu l'envie de réaliser^ette idée en laissant à Pompeï tout ce qu'op y trouvait, et chaque objet à sa place; elle voulait même peupler cette ville d'habitans auxquels, pour première condition, on aurait assigné un costume grec dans toute sa pompé, et qui en auraient été les custodes. On lui fit comprendre que ce serait le moyen de détruire en peu d'années ce que les siècles avaient respecté; en outre, qu'il serait difficile de faire un choix d*hommes assez intègres pour leur confier les richesses immenses que renferme Pompeï. En effet, quelle religion, quelle morale n'eût-il pas fallu pour se contenter du strict nécessaire , entouré d'objets dont le moindre est d'un si haut prix !
Voici quelques observations faites par M. Taylor , dans Ime lettre à Charles Nodier :
« On a beaucoup écrit sur Pompeï, et l'on s'est souvent égaré. Par exemple, un savant, nommé Martorelli , fut employé , pendant deux années , à faire un mémoire énorme pour prouver que les Anciens n'avaient pas connu le verre de vitre, et quinze jours après la publication de son in-folio on découvrit une maison où il y avait des vitres à toutes les fenêtres. Il est cependant juste de dire que les Anciens n'ai -
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maient pas beaucoup les croisées ; le plus communément le jour venait par la porte; mais enfin | ches les patri-* ciens, il y avait de très-belles glaces aux fenêtres , aussi transparentes que notre verre de Bobéme , et les carreaux étaient joints avec des listels de bronze de bien meilleur goût que nos traverses en bois.
» Un voyageur de beaucoup d'esprit et de talent, qui a publié des lettres sur la Morée, et un grand nombre d'autres voyageurs , trouvent extraordinaire que les constructions modernes de l'Orient soient absolument semblables à celles de Pompeï. Avec un peu de réflexion cette ressemblance paraîtrait toute naturelle. Tous les arts nous viennent de l'Orient ; c'est ce qu'on ne saurait trop répéter aux hommes qui ont le désir d'étudier et de s'éclairer.
» Pompeï a passé vingt siècles dans les entrailles de la terre ; les nations ont passé sur son sol ; ses monumens sont restés debout, et tous ses ornemens intacts p Un contemporain d'Auguste, s'il revenait , pourrait dire : « Salut , ô ma patrie ! ma demeure est » la seule sur la terre qui ait conservé » SI forme, et jusqu'aux moindres ob- » jets (le mes affections. Voici ma cou- » che; voici mes auteurs favoris. Mes » peintures sont encore aussi fraîches » qu'au jour où un artiste ingénieux » en orna ma demeure. Parcourons la » ville, allons au théâtre : je reconnais » la place où , pour la première fois , » j'applaudis aux belles scènes de 7e- » rence et d'Euripide.
» Kome n'est quW vaste musée; » Pompei est une antiquité wVawfe. »
iS ,4.
MxpUtûii^ eu plmn dt Pomf^ (PI. 55 ).
Villa d*Arrias Diomède, dëooaverte 601771.
Porta conduisant à Henmlaniini, 1769.
PI. 7tk.
Auberge d' Albioo , 1769.
Thermopolium ou marchand de liqaenrs