Rue de Mercure
Nous débutons par l'amphithéâtre qui est isolé, et que par cette raison nous avons choisi pour premier point de notre exploration , afin qu'une fois dans la partie découverte de la ville nous n'ayons plus à nous en éloigner.
L'amphithéâtre de Pompeï était a l'extrémité de la ville et assez éloijmé du quartier des théâtres. Cet édifice est de forme ovale. Les spectateurs
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y étaient admis au moyen de billets , dont le nombre et la marque correspondaient avec ceux des places. Les personnes destinées à occuper les rangs inférieurs gagnaient leur place en sui« vant les arcades qui sont dans le bas. Les spectateurs d'un ordre supérieur se rendaient aux gradins qui leur étaient assignés , en montant un escalier dans la oa^ea^ qui les conduisait à une terrasse, d'où ils passaient à leurs sièges , ou * montaient encore à une rangée supérieure, divisée encompar* timens, et destinée aux femmes.
Le grand diamètre de cet ovale est de quatre cents pieds environ, et le petit de trois cent quinze. L'arcbitecture en est parfaite , et ne paratt nullement avoir souffert, soit dans ses fondations, soit dans sa superficie extérieure. Un très-beau corridor pavé en lave, autrefois {lami de statues, dont les niches et les inscriptions subsistent encore , en marque Tentrée de deux cAtés. Au nombre de ces statues était celle de G. Guspius Pansa. On voit aussi trois passages conduisant à l'arène. Le plus étroit servait pour les bétes féroces , un autre pour l'introduction des gladiateurs, et le troisième pour emporter les morts. L'ampbi-»
théâtre est construit en entier sur un crypto-portique, d'une solidité extraordinaire, puisqu'il supporte tout l'édifice. La cavea est séparée en trois parties au moyen de deux galeries. La première, plus basse, était réservée aux décemvirs , ou autres magistrats , aux augustals, aux prêtres ou prétresses, en un mot, aux personnes éleyées en dignité. La média cauea , ccmiposée de douze rangs de gradins^ était destinée aux marchands, aux militaires et aux écoles , enfin la summa ca^ea , de dix-huit rangs de gradins , aux autres personnes de la ville. La populace
se plaçait derrière, et derrière encore cette populace étaient des loges pour les femmes. Gette cavea contenait qua« rante escaliers correspondant à- autant de {fomitoires par lesquels les spectateurs gagnaient les galeries. Les femmes montaient par un escalier séparé pour aller dans leurs loges. Dans d'autres amphithéâtres, on n'a pas retrouvé cette disposition qui paraît seule affectée à celui-ci, où portion de ces loges avait été donnée aux femmes d'un rang distingué. Un grillage en fer semble avoir existé et avoir protégé les spectateurs qui étaient dans la partie inférieure , et les passages conduisant à l'arène auraient été pareillement garnis de portes en fer. Les murs du Podium étaient revêtus de peintures qui se dégradèrent en recevant les impressions de l'air, et à l'exception d'un bas-relief en marbre , représentant un cocher qui cherche à l'emporter sur son adversaire, et qu'on découvre encore dans la partie supérieure de l'amphithéâtre, à peine reste -t -il trace des décorations. Une galerie circulaire termine cette imposante structure, et des pierres énormes , percées poiur recevoir des poteaux destinés à soutenir une tente , s'aperçoivent encore.
Qu'on se figure le magnifique point de vue dont jouissaient les spectateurs, qui , de cette galerie , avaient en perspective le Vésuve , les monts Lactarii , Stabia, l'embouchure du Sarno et la majestueuse baie de Naples. Qu'on se figure encore les habitans de Pompeï et des cités environnantes , réunis , le a4 août de l'année 79, dans ce même amphithéâtre, contemplant avec effroi cette effrayante colonne de feu qui s'élançait du cratère, et qui enpeud'instans devait transformer cette ville en une montagne de substances volcaniques,et Ton aurauneidéedecet horrible
tableau. Gomme on n'a pas trouvé un grand nombre de squelettes ^ il est probable que les habi tans, instinctivement avertis de leur danger, coururent sans perte de temps , soi t à la rivière soit à la mer, et là, montant dans des barques, se mirent à 1 abri du danger. Quatrevingt-dix-sept issues durent être à peine suffisantes pour c!onner à vingt mille personnes , qu'on suppose; avoir été rassemblées en ce lieu, le temps de s'enfuir. Pline lancien, se dirigeant vers Stabia, aperçut sur la mer une immense quantité de chaloupes s'éloignant de la côte, et c'est en s'en approchant, pousse, soit par la curiosité, soit par l'espoir de leur porter secours , qu'il trouva la mort.
D'après quelques auteurs, on n'aurait retrouvé dans l'amphithéâtre que les squelettes de huit lions et d un homme leur conducteur; d après d'autres on n'aurait rien trouvé. Mais le chanoine Jorio porte à cinq le nombre des squelettes humains. On trouva aussi deux anneaux dont un en or, portion d'une chatne et quelques pièces de monnaie.
" Après avoir visité l'amphithéâtre, nous allâmes parcourir la ville. L'abbé nous fit diriger du côté d'un carrefour à côté de la voie Domi tienne (PI. 56). J'ai à ma droite la maison de Pansa, en face une fontaine, et la maison de Fortunato ; à gauche une pharmacie ; mon œil pouvait tout embrasser à la fois, et même saisir les détails intérieurs. (N*». ïi , 12, i3 du plan. )
11 est fort peu de rues dans Pompeï qui ne soient ornées de fontaines ; elles étaient alim entées par des canaux qui, apportant l'eau des points les plus éloignés de la ville , la distribuaient dans les rues, dans les édifices publics et dans les maisons particulières. D où venaient ces eaux? 11 n'est pas probable
dont le niveau est plus bas que la ville, encore moins que ce fut un torrent qui les fournit ; mais on peut croire que c'était un aqueduc commençant aux hautes montagnes de Stabia. Les canaux dans la ville étaient en maçonnerie , en terre et quelquefois en bronze.
Cette fontaine consiste en un bassin Ccirré, dans lequel l'eau tombait par un petit canal qui traversait une énorme pierre, placée au-dessus; elle est décorée d'un bas relief grossièrement sculpté, représentant un aigle enlevant dans ses serres un lièvre ou un singe. On a retrouvé ce type dans une médaille d'Agrigente. Ce sujet a paru à quelques auteurs être allégorique, et signifier la vengeance divine prête à s'exercer contre ceux qui détruiraient ou pollueraient cette fontaine, objet de première nécessité. Immédiatement derrière la fontaine est, à ce qu'on croit, un oinopoUum ou thermopolium ^ taverne où l'on vendait des boissons chaudes, désignée sous le nom de 7â- 9eme de Fortunatq^ à cause d'une inscription qu'on y a trouvée portant ce nom. On y voit un petit massif de pierre; dans le fond de ce massif est une pierre un peu plus baute qui aurait été la place du brasier et du feu destinée à conserver chaudes les boissons.
Ce brasier et le massif ou comptoir sont revêtus en marbre , et il est à présumer que les coupes et les verres y étaient rangés en ordre , et formaient ainsi une décoration, en même temps qu'ils satisfaisaient au désir des buveurs.
Plusieurs de ces boissons étaient prises comme digestifs, quelques autres comme irritans , et pour se procurer des vomissemens. Plante traite souvent d'ivrognes ceux qui fréquentaient ces maisons. Les épicuriens avaient souvent recours à ces boissons,
qu'elles fussent fournies par le Samus, et Vitellius y trouva de grandes res-